Blood Seasons ferme ses portes.

Crazy little thing called love + Nakajima Camille

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Lun 16 Jan - 23:08
crazy little thing called love

tomorrow is another day and you won’t have to hide away. you’ll be a man, boy. but for now it’s time to run.

Artur ignorait si cette nouvelle séance avec son psychologue tombait à pic ou non. A la vérité, il s'était longtemps demandé s'il ne valait mieux pas qu'il la repousse car il était très mauvais pour mentir. Oui, pour mentir parce qu'à chaque début de séance, l'homme en face de lui l'interrogeait pour savoir sur quel sujet il souhaitait parler et le russo-japonais serait incapable de ne pas raconter cette histoire avec son meilleur ami. Depuis cette fameuse soirée si particulière, d'ailleurs, ils ne s'étaient pas revus et le tatoueur ne chercherait pas à le contacter dans l'immédiat. Après tout, cela faisait à peine quelques jours et il s'en remettait à peine... Que s'était-il réellement passé, entre ces quatre murs qui représentaient son appartement ?
Il passa une main dans sa chevelure avant de se redresser sur son lit. Il abandonna son regard sur les nombreuses feuilles de dessin étalées devant lui, finit par les ranger en un tas informe et posa un premier pied sur le sol avant que le second ne suive. Il fallait qu'il se rende à l'hôpital, ayant pu prendre sa matinée pour ce rendez-vous au lieu de se rendre au salon de tatouages. Allez, ce ne serait qu'un mauvais moment à passer puis, qui sait, peut-être que cela lui ferait du bien de parler de ses problèmes à une personne qui se devait d'être professionnellement le plus neutre possible.
Alors il enfila ses chaussures, arrangea rapidement ses cheveux blonds avant de quitter sa petite chambre. Les clefs et les mains enfoncées dans les poches de son pantalon, il emprunta l'ascenseur qui l'emmena jusqu'à l'étage supérieur. Apparemment, il n'était pas le seul à devoir aller à l'hôpital car il emprunta le même chemin qu'au moins quatre autres membres de l'Héritage. Arrivé à destination, il déclina son identité et on lui indiqua quel couloir traverser afin de se rendre dans l'aile plus "psychiatrique" de l'établissement de santé. Il remercia la vieille femme qui ne faisait que son boulot tout en s'avançant sur le chemin qu'il commençait à connaître depuis plus de six mois à présent.
C'était de son plein gré qu'Artur avait souhaité voir un psychologue. Parfaitement lucide et n'ayant pas honte de se faire aider dans des moments compliqués de sa vie, le jeune homme n'avait pas hésité une seule seconde. Les blessures gravées dans son âme étaient affreuses et plus douloureuses que tout ce qu'il avait pu vivre jusqu'alors. Deux décès pour le prix d'un... Rien que d'y songer encore aujourd'hui, ses yeux ne manquaient pas de se mouiller. Haya s'était éteinte et Artur n'avait même pas eu la chance de rencontrer son fils avant que celui-ci ne la rejoigne.
Un nouveau soupir traversa ses lèvres tandis qu'il prenait place sur une chaise loin d'être confortable en face d'une porte close. Docteur Nakajima C. Il connaissait cette plaque par cœur pour le nombre de fois où il s'était retrouvé aussi près d'elle. Son docteur devait avoir un autre patient avant lui. Une autre histoire... Tout le monde sur l'Héritage était si différent, pourtant, ils étaient tous enfermés dans une même situation effarante. Et puis, tandis qu'il ressassait tout un tas de mauvaises ondes, la porte finit par s'ouvrir devant lui.

« Bonjour, docteur », lâcha Artur en se levant pour venir à la rencontre de cet homme.

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Dim 29 Jan - 12:13




feat Tozawa G. Artur


Crazy little thing called love

Sur l'Héritage, des histoires, il y en avait des centaines. Il aurait pu écrire de nombreux romans avec tout ce qu'il avait pu entendre mais les écrivains, ici, n'étaient pas utiles à leur survie et ces histoires ne lui appartenaient pas alors elles étaient gardées sous clef dans un dossier et dans son esprit.

Aujourd'hui, sa journée avait commencé tôt. Il était le seul psychologue présent sur l'Héritage et il était, pourtant, si jeune. Heureusement (ou pas?), ce n'était pas tout le monde qui avait des problèmes psychologiques, mentaux ou, même s'il y avait des personnes qui aient pu en avoir, toutes ne venaient pas le voir. Il n'était donc pas trop surchargé de travail et s'en sortait sans la moindre difficulté. Parfois, il avait de longues journées comme il en avait des courtes mais il ne s'en plaignait pas parce qu'il aimait son métier. Qui aurait cru que, lui, qui avait subi aussi le malheur sur ce tas de ferrailles aurait eu la patience d'écouter et conseiller de personnes lui partageant leur histoire ? Pour l'instant, il n'avait eu que de bons retours à son égard alors c'était ce qu'il devait bien faire son travail.
Son premier rendez-vous s'était bien déroulé mais le suivant avait été un peu plus compliqué. Il s'agissait d'une femme quelque peu hystérique qui venait d'accoucher il y a peu d'un petit garçon. Elle lui expliquait qu'elle ne savait plus où se mettre entre son mari toujours aussi peu présent et son enfant qu'elle avait du mal à calmer. Et lui, il avait du mal à garder contenance face à elle parce que, face aux mères, il ne pouvait que repenser à la sienne égoïste qui en avait voulu un deuxième sans penser que cela lui coûterait la vie alors qu'elle était mariée et déjà mère d'un premier. Toutefois, il continua de l'écouter, prit des notes et termina par un ou deux conseils en lui donnant une autre séance pour la semaine suivante. Mais, sincèrement, à ce genre de personnes, que pouvait-il se permettre de dire pour conseiller ?

Il l'accompagna à la porte et la regarda partir avant de poser son regard sur son patient suivant. Tozawa Grigori Artur. Il sourit et s'inclina légèrement quand il vint à sa rencontre. Ensuite, il le fit entrer dans son cabinet et ferma la porte après être entré à son tour. Il partit s'installer derrière son bureau et chercha son dossier. Un sacré dossier et auquel il avait du mal à répondre aux questions. Mais, au vue de l'air qu'il arborait aujourd'hui, il semblerait que quelque chose s'était produit.

« Je vous écoute, dit-il, De quoi voulez-vous parler aujourd'hui ? »





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Dim 29 Jan - 18:20
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tomorrow is another day and you won’t have to hide away. you’ll be a man, boy. but for now it’s time to run.

La porte s'était ouverte sur son médecin, il l'avait salué et la porte venait de se refermer, l'emmenant à l'intérieur de cette salle qu'il ne connaissait que trop bien désormais. Dès la première séance, il ne s'était pas senti très à l'aise et le malaise persistait à chaque fois qu'il s'asseyait sur la chaise en face du bureau de son interlocuteur. Quelque chose entre ces murs paraissait l'observer, le juger... Pourtant, il savait que ce n'était pas le cas, que Nakajima devait être le plus impartial possible. Combien d'histoires par jour gérait-il ? Avec lesquelles jonglait-il le plus souvent ? Artur n'était pas dupe et se doutait bien que la sienne lui donnait du fil à retordre ; mais les questions ne venaient pas de lui.
Il s'installa donc, la tête légèrement rentrée dans ses épaules rehaussées, signe qu'il devait se détendre pour être capable de parler de tout ce qui se passait dans son esprit. Ses yeux noisettes lorgnèrent sur le gros dossier que le psychologue venait de poser sur son bureau et il dut se faire fureur pour déglutir et tenter de poser une petite base. Allez Artur, dis quelque chose à Nakajima. Dis-lui. Sans s'en rendre compte, il venait de glisser une main dans sa chevelure blonde pour se donner un minimum de contenance. Il se redressa un peu sur sa chaise et finit par prononcer quelques paroles.

« Eh bien... aujourd'hui, j'aimerais bien parler de mon meilleur ami d'enfance. Il s'appelle Satoshi. »

Il se sentit soulagé d'avoir lâché ces quelques mots. Un poids semblait s'être distendu dans sa poitrine et en sentant le regard du médecin s'insinuer davantage sur lui, il sut qu'il devait poursuivre son histoire. Y parviendrait-il jusqu'au bout ? Il le fallait, de toute manière, cela lui ferait du bien, comme à chaque fois qu'il sortait de cette pièce.

« On s'est perdu de vue un peu après la fin des études. Chacun a continué sa route et, malgré que l'Héritage ne soit finalement pas très grand, on ne s'est jamais recroisé. Je ne sais pas pourquoi ni l'un ni l'autre n'a pas cherché à se retrouver... se perdit-il quelques secondes. Enfin, quoiqu'il en soit, nous nous sommes vus, il y a à peu près deux ou trois jours de cela. Maintenant, il travaille avec les animaux, dans les fermes, là-haut. »

Il marqua une pause pour croiser ses jambes et être tout de suite un peu plus à l'aise qu'à son arrivée ici. Nakajima se contentait, comme d'habitude, de gribouiller des notes sur son calepin, hochant le visage de temps à autre comme pour l'inciter à continuer son histoire. Cependant, jusque-là, ce n'était pas trop compliqué de parler, de dire les choses. C'était à partir de ces retrouvailles que les ennuis commençaient à montrer le bout de leur nez.

« Au lieu de discuter dans le couloir, je l'ai invité à le faire chez moi. On a parlé de tout et de rien et puis il m'a demandé où était Haya. Il m'a demandé où était Haya et je lui ai déballé tout ce qui s'était passé durant l'accouchement sans ciller, comme si nous ne nous étions jamais séparés, lui et moi. »

A ce stade, Artur baissa les yeux sur ses mains posées sur ses genoux. Il les croisa nerveusement, les triturant l'une l'autre, ne sachant plus par où continuer. Les mots lui brûlaient la gorge, la douleur la poitrine. Tous ces souvenirs, pourtant travaillés depuis des mots, continuaient de vivre à l'intérieur de sa personne. Ils avaient fait un bon travail, le psychologue et lui, mais il était secrètement persuadé qu'il ne guérirait jamais totalement.
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Dim 19 Fév - 15:51




feat Tozawa G. Artur


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Artur était quelqu'un avec qui il aurait pu devenir ami s'il n'avait pas été son patient. Oh, amis, ils pouvaient toujours le devenir mais, à Camille, on lui avait toujours appris de savoir faire la différence entre travail et vie privée. Dès lors, il lui avait été quasiment impossible de devenir ami avec qui que ce soit qui aurait pu le devenir. Il devait être impartial et juste mais, parfois, il lui était difficile de l'être. Artur faisait plus ou moins partie du lot.
Il avait perdu sa femme et son enfant lors de l'accouchement et en avait énormément souffert. Par la suite, il avait compris que tout seul il n'arriverait pas à se remettre de cette douleur et avait pris rendez-vous de son plein gré. Camille en avait été surpris parce que ce n'était pas tous les jours qu'une personne prenait rendez-vous de sa propre initiative après avoir subi une telle perte. Néanmoins, les premières séances avaient été terriblement pesantes. Il crut qu'il n'arriverait jamais à déboucher la bouteille – s'il pouvait se permettre d'employer de tels mots.
Dénué de sentiments, voilà ce qu'avait été Artur au tout début. Il croyait en dire beaucoup mais n'en disait que peu. Il était au bord du gouffre et il avait semblé à Camille qu'il n'avait personne pour le réconforter. Comment avait-il pu rester de marbre face à lui ? Parce que tel était son métier. Puis, vint malgré tout un jour où l'abcès fut crevé. Artur fut un peu plus communicatif et autant au travers de ses émotions qu'aux travers de ses propres mots. Cela devint pour lui un peu plus facile de le comprendre.

Mais, quel était le problème aujourd'hui ? Cela ne semblait pas concerné sa femme, il le pressentait parce qu'Artur aurait une autre attitude aujourd'hui. Il le suivait désormais depuis neuf mois et commençait à bien le connaître comme les séances étaient fréquentes. Même s'il n'était qu'une personne extérieure à ses patients, à force d'en voir certains plus que d'autres, ils finissaient par en être aussi proches que leur entourage lui-même.
Et il s'avérait qu'il ne s'était pas trompé. Le problème avait même un nom : Satoshi. C'était son meilleur ami d'enfance et il était étonné de n'en entendre parler que maintenant. Certes, il avait employé le terme meilleur ami « d'enfance », mais un meilleur ami même d'enfance ne restait pas une personne proche de soir d'une certaine manière après tant d'années passées ? Mais, il n'avait rien à redire là-dessus parce que, comment pourrait-il qualifier sa relation amicale aujourd'hui avec Elijah ?
D'un simple regard, il fit signe à son patient de continuer après avoir noté le prénom de la personne qui serait le sujet du jour. Eh bien, pour une fois que ça ne concernerait pas que Haya et leur enfant... Y avait-il d'autres progrès qui se mettaient en place dans l'air ? Cette personne le méritait tant, même si une telle douleur ne pourrait jamais partir complètement de son corps. Néanmoins, peut-être qu'un peu de gaieté pourrait la panser et la faire se ranger dans un tiroir.
Satoshi, donc, travaillait à la ferme et ils s'étaient tous les deux revus quelques jours plus tôt. Jusque-là, tout allait bien. Puis, Satoshi avait appris la terrible nouvelle par Artur qui lui avait tout déballé comme s'ils ne s'étaient jamais séparés. Cela prouvait qu'il lui faisait encore pleinement confiance et qu'il tenait encore beaucoup à lui.

« Vous me dites que vous lui avez tout dit comme si ces années séparés l'un de l'autre n'avaient pas eu lieu, dit-il, Alors, j'aimerais savoir si cela est possible pourquoi avez-vous ajouté le terme « enfance » après meilleur ami, nota-t-il, Parce que, d'après ce que vous me dites, cela prouve que vous tenez encore à lui comme si cette séparation n'avait jamais eu lieu. Est-ce que je me trompe ? »

Il écrivit un peu sur son cahier et reporta son attention sur lui.

« Si vous le voulez bien, continuez. Je vous en prie, lui dit-il, Mais prenez votre temps. »

Après quoi, il posa son carnet et son crayon sur son bureau pour se lever et partir remplir un verre d'eau. Quand ce fut fait, il le prit et retourna à sa place tout en posant le verre d'eau devant Artur pour lui faire signe de boire un peu si cela pouvait lui faire du bien.





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Dim 26 Fév - 11:31
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tomorrow is another day and you won’t have to hide away. you’ll be a man, boy. but for now it’s time to run.

Il parlait. Il parlait beaucoup trop à cet homme, cet inconnu qu'il ne croisait jamais dans les couloirs de l'Héritage. Pouvait-il lui faire confiance ? Bien sûr qu'il le pouvait. Cela faisait des mois maintenant qu'ils se voyaient, tous les deux, dans ce bureau si impersonnel et qui le mettait tant de fois mal à l'aise. Nakajima était un homme bon, Artur en était persuadé, mais ses épaules bien plus larges que les siennes le tassait encore plus dans son siège. Il avait l'impression d'être si frêle et insignifiant dans cette chaise, à chacun de ses passages. Il savait qu'il aurait aujourd'hui dut y être habitué, mais c'était loin d'être le cas.
Et puis le psychologue prit la parole. Le russo-japonais releva donc le visage pour l'écouter, hochant doucement la tête pour montrer qu'il était attentif et entendant ce qu'il lui disait. Il le vit griffonner sur son cahier, se demandant ce qu'il pouvait bien marquer. Artur avait la gorge sèche. Il haussa simplement les épaules avant de se fondre dans un mutisme de quelques minutes qui lui permit de réfléchir à la question que le médecin venait de lui poser. Pourquoi accoler "enfance" à "ami" ? Était-ce une question piège ? Il fronça les sourcils, passa une main dans ses cheveux avant de se redresser un peu sur sa chaise et de le remercier pour le verre d'eau.

« Satoshi et moi étions dans le même groupe classe, réussit-il par reprendre après avoir bu un peu d'eau. On se connait depuis des années et j'étais, tout comme lui, son meilleur ami. On s'est perdu de vue, et voilà, c'est tout pourquoi je dis que c'est mon meilleur ami d'enfance. Jusqu'à aujourd'hui, c'était du passé. »

Il avait juste l'impression de s'enliser jusqu'au cou. Était-ce compréhensible tout ce qu'il débitait ? La nervosité revenait s'installer petit à petit dans tout son être. Il termina le verre qu'on lui avait servi et préféra reprendre la parole afin que le malaise ne se pose pas davantage.

« Bien sûr que je tiens encore à lui. Je n'ai jamais oublié tous les moments que nous avons passé ensemble et le fait de le retrouver nous permettra sans doute d'en vivre encore. Mais il me déconcerte. A quel moment ai-je pu me laisser aller à lui faire autant de confessions ? Nous avons été absents de longues années dans la vie l'un de l'autre... Je crois que c'est sûrement pour rattraper tout ça que je me suis laissé emporter. Ou bien parce que Satoshi écoute aussi bien que vous. »

Reposant le gobelet sur le bureau de Nakajima, Artur sentait qu'il pouvait continuer - ou plutôt reprendre son histoire là où il l'avait abandonnée un instant plus tôt.

« Du coup, il a su tout ça, tout ce qui s'est passé quand j'ai perdu Haya et mon fils. Et puis, je ne sais pas... Je crois qu'on s'est laissé emporter par les événements. On a parlé du bon vieux temps, des souvenirs sont remontés et on a été surpris par tout ça, je pense. »

Il leva une nouvelle main dans sa chevelure.

« Je sais que c'est mal, mais on a bu. J'avais une bouteille d'alcool chez moi, on a bu et on a couché ensemble. »

Voilà. Au moins c'était sorti et il ne pouvait plus faire marche arrière avec personne. Néanmoins, à l'évocation de ces souvenirs qui ne dataient que d'à peines quelques jours, ses joues s'empourprèrent tandis qu'il guettait une réaction sur le visage fermé de son interlocuteur. Est-ce qu'il allait parler ? Il le faisait que très peu, quand vraiment quelque chose l’interpellait. Alors Artur s'interrogeait souvent sur ce qu'il ferait ou non.

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Dim 19 Mar - 22:55




feat Tozawa G. Artur


Crazy little thing called love

C'était un peu un rituel avec Artur. Il lui présentait depuis leur toute première séance ensemble un verre d'eau pour l'enjoindre à parler mieux après avoir bu un peu. Il ne savait pas si boire faisait réellement du bien à Artur mais il ne pouvait s'empêcher de lui présenter un verre d'eau désormais à chaque séance qu'il avait avec lui. Parfois, il suffisait de si petits gestes pour rendre plus à l'aise les gens.
Artur, lui, en avait besoin. Il avait besoin de se sentir en confiance pour se laisser aller. Il s'était une fois demandé si cela ne le freinait pas de se confier à quelqu'un qui avait à peu près le même âge que lui. Après tout, à se confier à lui, il aurait pu très bien se confier à un quelqu'un de son entourage ayant le même âge que lui. C'était une possibilité parmi tant d'autres. En tout cas, c'était pour ça qu'il devait user de tous les moyens possibles pour l'aider à lui parler puisque, sinon, ils n'avanceraient pas. Ils en avaient fait du chemin mais il ne doutait pas qu'Artur avait encore beaucoup à lui dire.
La perte d'un être cher, c'était quelque chose qu'il connaissait. Sa douleur était différente de celle d'Artur mais elle était plus ou moins similaire. Il savait donc à quel point il était difficile de parler à un inconnu même si on savait que c'était pour notre bien. D'ailleurs, Artur ne se remettrait probablement jamais de la mort de sa femme mais peut-être y avait-il sur l'Héritage capable de servir de pansement pour le restant de sa vie. Un pansement d'amour...

Artur répondit à sa question par une drôle de réponse. Il considérait que comme ils ne s'étaient pas vus avec Satoshi pendant ces quelques années cela était donc devenu du passé jusqu'à ce qu'ils se revoient il y a quelques jours de cela. Il trouvait cela un peu triste mais il ne rajouta rien à ce sujet. C'était malgré tout une réponse plausible. Pourtant...
Il s'apprêtait à lui dire qu'il se devait de demander à Satoshi ce qu'il pouvait en penser jusqu'à ce qu'il lui révèle ce qui était arrivé entre eux ce jour-là. Ici, ses patients pouvaient parler de tout et il ne pouvait pas nier qu'il en voyait des vertes et des pas mûrs. Mais, avec Artur, ce devait être la première fois qu'il lui parlait de quelque chose d'aussi personnel. Même à propos de Haya il ne lui avait jamais parlé de quelque chose d'aussi personnel. Il devait tenir énormément à ce jeune homme. Surpris, il se passa une main dans les cheveux et s'éclaircit la voix.

« Je suis désolé, je ne m'attendais pas à..., dit-il avant de s'arrêter puis de reprendre, C'est que même à propos de votre femme, vous ne m'avez jamais parlé aussi personnellement. Vous devez beaucoup tenir à votre ami. »

Il écrivit sur son carnet et le regarda.

« Peut-être en aviez-vous besoin, reprit-il, Peut-être aviez-vous besoin de vous confier à quelqu'un et que ce devait être lui. On ne peut pas savoir les choses à l'avance, c'est comme ça, continua-t-il, Comme vous ne pouvez pas vous douter de ce qui arriverait entre vous. »

Il n'aurait jamais cru à un tel retournement de situation. Qui pouvait être ce Satoshi ? Il devait posséder un certain pouvoir sur Artur pour qu'il se soit confié à lui et que soit arrivé ce qui a pu arriver. D'ailleurs, peut-être était-il amoureux de son patient.

« Continuez je vous prie. »





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Sam 25 Mar - 19:23
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S'il tenait à son meilleur ami ? Ex-meilleur ami ? A Satoshi ? Artur eut tôt fait de retenir de se mettre à rire devant son psychologue - celui-ci l'aurait clairement pris pour plus fou qu'il ne pouvait déjà l'être (ou désespéré). Il conserva son fou rire, se contentant d'acquiescer légèrement du visage aux dires du Docteur. Oui, il tenait à Satoshi et peut-être même bien davantage qu'il ne l'aurait pensé. Il était le premier garçon avec qui il s'était si bien entendu, malgré les saisons qui les séparait. Artur n'avait jamais fait de différences et il avait tout de suite accepté Satoshi tel qu'il était. Pour lui, il n'y avait que le caractère qui comptait avant tout le reste. Ils avaient passé les meilleures années ensemble, essayant de se voir le plus possible en dehors des heures de classe, s'invitant parfois l'un chez l'autre, avec leurs parents.
Satoshi était un garçon toujours enthousiaste, qui avait un sourire de petit vampire - comme aimait bien le qualifier le russo-japonais. Il avait été là quand Artur était tombé amoureux de Haya, pour lui parler, le rassurer et lui dire que c'était sans doute une excellente demoiselle. Oui, Satoshi avait pratiquement été là dans chaque moment important de sa vie et Artur avait aujourd'hui l'impression d'avoir joué à l'égoïste avec lui. Parce qu'à l'instant où Haya avait accepté de sortir avec lui, il s'était retranché dans ses appartements, avait fermé quelques portes pour en ouvrir d'autres à l'élue de son cœur. Les deux garçons avaient grandi et, finalement, ils s'étaient perdus de vue. S'étaient-ils évités sans même s'en apercevoir ? Car l'Héritage, ce bunker, cette cage métallique, n'était tout de même pas si grande que cela. Les mêmes visages étaient souvent croisés. Mais pourquoi pas celui de Satoshi pour Artur ? L'amour rendait aveugle.

« Je pense que c'est l'unique personne à qui j'aurais pu confier ma vie, quand nous étions encore proches. Aujourd'hui... marqua-t-il une pause, aujourd'hui j'ai l'impression de n'être plus qu'un étranger pour lui. C'est sûrement pour ça, comme vous dites, que j'ai choisi de lui apprendre les chapitres qui manquaient à notre amitié. »

Il avait terminé son verre d'eau alors il se contenta de reposer le gobelet en plastique sur le bureau de son interlocuteur, laissant son regard se perdre un instant. Il pouvait continuer de parler. Oui, mais pour dire quoi de plus ? Ce qu'il ressentait vraiment au fond de lui ? Le tatoueur soupira, frotta ses yeux fatigués quelques secondes, ouvrit la bouche puis la referma. Il avala sa salive et songea que s'il avait commencé par parler de Satoshi, il devait terminé là-dessus avant de passer à autre chose.

« On a couché ensemble et je ne m'en suis pas senti coupable sur le moment. J'avais envie de lui, lâcha-t-il. J'avais envie de sentir son corps sur le mien, de goûter à ses lèvres, de toucher à ses cheveux... Je n'avais pas couché avec quelqu'un depuis le décès de Haya alors je ne l'ai pas repoussé ; parce que c'est lui qui m'a embrassé le premier. »

Il se mordit la lèvre inférieure en se remémorant la soirée passée deux jours plus tôt. Le goût d'alcool sur les lèvres de l'hivernal, son corps frêle, nu, contre le sien. Les gémissements qui s'échappaient de sa gorge quand il lui procurait du plaisir. Tout cela le rendit maintenant coupable. Coupable. Coupable. Et recoupable. Non, il n'avait pas réussi à le repousser parce qu'il n'en avait pas eu l'envie. Il ne l'avait pas repoussé parce que...
Ses yeux s'ouvrirent plus grands, s'embrumèrent un instant tandis qu'il prononçait ce qu'il pensait.

« Je n'ai pas pu le repousser parce que j'ai imaginé Haya. J'ai imaginé Haya encore là. Qu'elle m'étreignait et m'embrassait comme elle le faisait. »

Sa gorge se serra alors qu'il réprimait encore ses sanglots.
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Jeu 30 Mar - 0:43




feat Tozawa G. Artur


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Bien évidemment qu'il avait eu raison. Il avait eu raison de penser qu'Artur ne serait jamais guéri de la perte de sa femme. C'était indéniable... Et horriblement triste. Ses révélations le prirent aux tripes et il dut en déglutir pour que cela puisse mieux passer. Il n'était pas étonné face à ce qu'il venait de lui dire mais il ne pouvait pas s'empêcher de finir par ressentir de la pitié. Une telle blessure ne guérirait jamais et la personne qui tenterait de la guérir ne ferait que s'y écorcher les doigts. À moins qu'il n'y ait un miracle ?
Il avait aimé penser qu'un miracle pourrait faire son effet sur lui. Quand sa mère décéda et que son père jeta son dévolu sur lui, il considéra que tout le malheur du monde s'abattit sur lui et crut qu'il ne s'en remettrait jamais. C'était probablement vrai. Il ne s'en remettrait jamais et c'était triste. On aurait, au final, pitié toute la vie du petit Camille Nakajima orphelin. À l'intérieur de son corps, personne ne l'entendrait et il vivrait avec cette douleur jusqu'à sa mort même si une personne proche de lui essayerait de panser cette plaie. Après tout, chacun avait une histoire différente même si les événements passés pouvaient être similaires alors il n'y avait personne sur l'Héritage qui puisse le comprendre.
Pourtant, peu à peu, il avait commencé à se relever grâce à son travail. Il avait toujours été empathique mais avait appris à l'être davantage grâce à son travail. De nouveaux univers s'étaient ouverts à lui et quelques trous à l'intérieur de son corps avaient été rebouchés. Ce n'était qu'un quart du travail mais ce ne serait toujours au moins qu'un quart du travail fait. Le principal pour Artur et lui était de ne pas voir que la vie du mauvais côté et d'essayer du mieux qu'ils le pouvaient d'avancer jusqu'à ce que ça n'en devienne trop à supporter.

Mais, la douleur n'était-elle pas déjà trop difficile à supporter pour Artur ? Il le craignait.

À son tour, il but un peu avant de réfléchir un instant quant à tout ce que venait de lui répondre. Ce que lui avait dit Artur vis-à-vis de ce qui s'était passé avec son meilleur ami était dur à entendre même pour lui. Il avait de la peine pour ces deux personnes mais il ne fallait pas qu'il oublie qu'il devait rester impartial alors il le fut le plus possible.
Néanmoins, il se posait quelques questions. C'était Satoshi qui avait fait le premier pas et cela voulait clairement dire qu'il possédait au moins un quelconque sentiment vis-à-vis de son patient. Seulement, peut-être n'était-ce pas le cas mais, imaginons que cela l'était, est-ce qu'Artur en avait-il conscience ? Il se retint bien de lui poser la question pour ne pas lui embrumer plus l'esprit.

« Mais Haya n'est plus là. »

C'était quelque chose qu'il devait malheureusement faire encrer à cent pour cent dans le crâne de son patient parce que pour qu'il est pensé qu'il avait face à lui sa femme défunte et non son meilleur ami, cela voulait clairement dire qu'il niait encore qu'elle ne soit plus.

« Je peux passer outre le fait que vous ayez dit que Satoshi ne soit plus qu'un étranger pour vous car vous avez passé énormément de temps sans vous voir et que vous avez changés tous les deux, dit-il, Néanmoins, je suis désolé d'insister sur ce fait mais Haya n'est plus là, continua-t-il en écrivant sur son carnet, Dites-le moi. Prononcez-le. »

C'était un exercice et si Artur était incapable de le faire, il allait devoir revenir au début de son suivi psychologique. Son but était de faire en sorte qu'il se sente mieux, pas qu'il oublie la mort de sa femme, mais cela voulait malgré tout dire qu'il devait admettre qu'elle n'était plus de ce monde. Là, il n'était plus sûr que son patient y croyait encore. Il reprit un peu d'eau et se passa une main dans ses cheveux. Le pauvre Satoshi n'aurait jamais dû remplir le rôle de remplaçant pour le plaisir charnel.

« Je vois, en tout cas, que c'est lui qui avez fait le premier pas, reprit-il, Il doit tenir à vous encore plus que vous ne tenez à lui. Vous devez être une personne spéciale à ses yeux vu ce que vous m'avez dit sur lui. »

Après, comment cela s'était-il terminé, il n'y avait qu'Artur pour décider s'il voulait lui en parler ou non.



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Mar 11 Avr - 19:24
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tomorrow is another day and you won’t have to hide away. you’ll be a man, boy. but for now it’s time to run.

Est-ce qu'il n'était qu'un monstre ? Un foutu monstre qui avait profité de la situation pour se plonger dans des ennuis encore plus monstrueux qu'il ne l'était lui-même ? Artur, les mains serrées sur ses jambes, fixait le bureau de son psychologue sans vraiment le voir. Il avait entendu toutes ses paroles, ses dures paroles. Mais il savait qu'il avait raison. Que Haya n'était plus là et ne le serait plus jamais. Cependant, la brèche semblait s'ouvrir un peu plus qu'il parlait de cette femme, cette femme qui avait la femme de sa vie. Désormais, rien n'était plus pareil. Depuis qu'elle était partie, emportant leur enfant avec elle, Artur n'avait plus accordé sa confiance envers personne. Pourtant, quelque chose s'était passé avec Satoshi et cela ressemblait bel et bien à un élan de confiance.
Était-ce parce que Satoshi était différent ? Satoshi était un homme, son ancien meilleur ami, rien n'avait jamais été ambiguë entre eux - du moins pour le russo-japonais. Il ignorait jusqu'à présent l'amour que nourrissait secrètement ce fils de fermier depuis des années et pourtant tout cela lui crevait les yeux. Mais il avait été bien trop vite aveuglé et encore aujourd'hui il se voilait la face. Il imaginait des choses qui n'avaient pas lieu d'être et cela faisait de lui un être encore plus difforme. Néanmoins, en cet instant, le visage d'Izao vint le frapper de toute ses forces, lui rappelant les propos qu'il avait pu avoir envers lui le jour où il lui avait ouvert la porte de son appartement.
Artur avait décidé de vivre, envers et contre tout. Artur avait décidé de poursuivre sa route avec son fardeau et d'en faire plutôt une force qu'une entrave. Alors Artur devait le prouver cette fois-ci devant Nakajima.

« Haya n'est plus là, lâcha-t-il en plongeant ses pupilles sombres dans celles de son interlocuteur comme en signe de défi, Haya et mon fils sont morts depuis plusieurs mois. Merci de me le rappeler. »

Il était presque mauvais, méchant, en déclarant cela, mais il avait l'impression parfois que l'homme en face de lui faisait exprès de le pousser dans ses retranchements toujours les plus lointain. Il avait appris à lui faire confiance, petit à petit, cependant ce n'était pas toujours simple et il remettait souvent cette confiance en cause. Sauf que s'il allait un peu mieux aux jours d'aujourd'hui c'était probablement grâce au travail qu'ils avaient accompli ensemble.
Le tatoueur finit quand même par reprendre une certaine contenance, se redressant sur sa chaise, respirant légèrement pour se calmer et reprendre le cours de ses propos. Terminer l'histoire. Enfin, au moins terminer le cours de cette soirée si particulière.

« J'imagine, oui... fit-il vaguement, mais nous n'avons pas parlé depuis. Nous nous sommes endormis et quand je me suis réveillé, il n'était plus là. Il n'y avait plus la moindre trace de son passage, à peine son odeur sur l'oreiller. Et nous ne nous sommes pas recroisés depuis ces quelques jours. »

Voilà. Point final, retour à la ligne. Artur avait été jusqu'au bout de son "aventure", n'ayant rien de plus à ajouter à tout ceci. Il ne se doutait pas des paroles, du nom murmuré sur l'oreiller alors qu'il dormait et que Satoshi somnolait. Il ne se doutait pas non plus des larmes qui avaient pu couler des yeux de son amant d'un soir, ces mêmes larmes qui avaient séché au cours de la nuit. Il ne s'en doutait clairement pas, puisqu'il n'y avait plus eu la moindre trace du passage de son petit vampire.

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