Blood Seasons ferme ses portes.

I would like to remember // Kaz

 :: l'héritage :: troisième étage Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Ven 17 Mar - 22:15


I would like to remember
Kaz' & Ryu





" Ok, c'est ici et n'oublis pas, hein, pas de folie. " Terminât Kyle avec un clin d’œil très subjectifs. Puis il me planta là, seule, avec comme unique guise d'adieu, un petit geste de la main, jeté par-dessus son épaule, à la va-vite, alors qu'il disparaissait déjà dans un angle du couloir. Sincèrement ? Je suis partagée entre l'envie de pester et celle de lui courir après afin de le supplier de ne pas me laisser seule ici. Il est, après tout, la seule personne que je parvienne aujourd'hui à identifier.
Je ne sais pas par où commencer, pour la bonne et simple raison que je ne sais absolument plus où j'en suis. Ce qui est sur, c'est que j'ai perdu une partie de ma mémoire suite à l'attentat de Noël. Et c'est très ennuyeux. Je suis bien incapable de dire avec qui j'étais ce soir-là, ni même qui j'ai croisée et fréquentée c'est vingt dernières années. Un immense gouffre me ronge le cerveau, me rendant impossible la tache d'identifier les gens autour de moi.
Vous n'imaginez pas la torture que cela implique chaque minute...

Je souffle un grand coup en faisant rouler mes épaules, espèrent vainement dissiper le stress qui m'habite. Mais plus je fixe la porte devant moi, plus je panique. Qu'a dit Kyle déjà, à ce sujet ? Ha oui... Que j'allais ENFIN pouvoir profiter de Kazuma. Mais... ça veut dire quoi ça ? Nerveuse, je me mordis la lèvre en avancent ma main de la poignée de porte. Je fais quoi ? Je frappe ? Il est qui pour moi ? Une sorte de frère du sang ? Un ami ? Mon... petit ami ? Si seulement j'avais dit la vérité sur mon réel état de santé, on m’aurait peut-être tout expliqué. Mais j'avais peur... peur de rester entre ses murs tristes où les lamentations des blessées ont presque terminés de me rendre folle. Je voulais partir... vite, très vite. Alors je n'ai rien dit, me contentant de faire comme si tout allait très bien. C'est facile à faire, finalement, les gens ne s'attendent pas à ce qu'on les oublis. Qui le pourrait ? Qui pourrait deviner pareil fin ?

Je finis par abattre ma main sur la poignée. Parce qu'il n'y a qu'une seule manière de savoir. Agir. Mais... elle me résiste, elle est close. L'immense soulagement qui me prend, m'arrache un soupire très peu discret. Il n'est pas là. Pas encore.

Mon double de clef cliquetant nerveusement dans la main, j'explore ce nouveau chez moi après avoir refermée la porte derrière moi. En plus de mes souvenirs, mes repères ce sont tous envolés, avalés par l’effondrement du premier étage. Et pourtant, j’aurais eu grand besoin de l'aspect sécuritaire et connu de ma propre chambre. Ici, tout n'est que... qu'impersonnel. Je n'ai franchement pas l'impression d'être chez moi. Enfin... je ne le suis pas encore vraiment. Le petit logement est partagé en deux, un lit est posé contre un mur de chacun des deux côtés. Un pour lui, un pour moi. On a droit à un bureau aussi, assortie d'une petite chaise. Bon par contre, il n'y a qu'une salle de bains. Mon côté est clairement identifiable par sa neutralité et par... les affaires qui peuplent déjà l'espace de mon voisin. Mon voisin ? Oui, je vais l'appeler comme ça pour le moment. À défaut d'autre chose.

Je me demande à quoi il ressemble. S'il est gentil. J'espère ! Je me sais loin d'être idiote et je ne pense pas que je me serrais entourée si... intimement de personnes désagréables. Enfin... je n'en sais rien. Finalement. Je ne suis plus sûr de rien.
Mes doigts habiles revissent une partie de mon portable que j'ai posé sur mon bureau. Ça fait déjà deux bonnes heures que je m'essaie à le réparer. Si j'y parviens, j'obtiendrais tous mes anciens textos, sources sûrs pour m'aider à me retrouver dans ce bordel qu'est devenus ma vie... Mais ça semble être une erreur de programme maintenant... et j'ai la tête qui risque d'exploser.
Contrariée, frustrée et complètement perdue, je finis par me relever et prendre la direction de la douche. Je suis parvenus à trouver des affaires propres, le sweat-shirt gris très large et tout doux, ainsi que le pantalon bien trop grand pour moi mon rapidement informé qu'ils n'étaient pas à moi, mais à LUI. Cependant... je ne possède plus rien, alors tant-pis, je ressens un trop grand besoin de me débarrasser de ces fringues que je porte et qui traînent avec elles l'odeur insupportable et entêtante de l’antiseptique et de la mort.

Me voir nue, face au miroir, pour la première fois depuis cette fameuse soirée, brise quelque chose en moi. Ma main se pose sur ma lèvre inférieure - qui a éclatée au sol durent la première explosion - elle est moins enflée que la veille, mais porte une coupure encore bien nette et loin d'être cicatrisée. Mon doigt remonte sur ma tempe où deux points de sutures brillent douloureusement, premier signe avant-coureur de ma cruelle perte de mémoire. Je sais aussi que j'ai été blessée plus haut, dans le cuire chevelus, mais je ne m'aventure pas à aller en chercher le signe piquant et révélateur. Mes yeux sombres parcours mon corps, labouré d'ecchymoses, qui virent maintenant sur une multitudes de palettes de couleurs différentes tels que le noir, le rouge, le vert, le violet et même le jaune. Il y de quoi faire et ceux pour tous les goûts. Seul le blanc, agressif et stérile, du long bandage qui enserre ma cuisse, détonne vraiment. Me doucher sans le mouiller se révèle être un véritable périple. Mais l'eau semble apaiser mon corps, lavant mes tentions, mes doutes et mes peurs. Alors bon. J'essaie d'envoyer au siphon tous mes mauvais souvenirs, qui n'ont leur place qu'aux tréfonds des égouts de mon passé. Mais les hurlements... eux... bien que je ne sache plus à qui ils appartiennent... me hante.

J'ignore pendant combien de temps l'eau brûlante à délavé mon corps meurtri, mais quand je sors enfin de la salle de bains, propre, je n'ai d'yeux que pour mon lit. Seul mon instinct pense à vérifier s'IL n'est toujours pas rentré. Rassurée, je me laisse tomber sur les draps propres. J'enfouis mon visage dans le coussin, me fichant éperdument de le tremper avec ma tignasse encore humide. Mais très vite, quelque chose ne va pas... Je grimace en relevant la tête, regardant le dit coussin comme s'il avait soudainement s'agit d'une bête morte. Son odeur... ne me plaît pas du-tout. Il sent... quelqu'un d'autre. Quelqu'un qui est mort. Il sent son ancien occupent. Dégoûtée, je le repousse du lit, le laissent brutalement tomber au sol. Je ne me reconnais pas, à être capricieuse ainsi. L'ancienne Ryu n’aurait pas fait grand cas de ce genre de détails et se serrait satisfaite de peu... Mais je me sens fragile, très fragile.
Voilà deux jours que j'étais enfermée entre les murs de l'infirmerie improvisée. Deux jours où je ne dors pas, trop crispée par les hurlements de douleur qui percent, là-bas, constamment le silence lourd que la mort pose sur ceux qui n'ont pas pu survivre. Deux jours où mes quelques et rare instants de repos se sont vus volés par d'affreux et rutilants cauchemars. Deux jours que je ne sais plus à qui me raccrocher... qui aimer. Deux jours que je me suis perdus et je suis déjà aussi fragile qu'un juvénile oisillon. Justes deux jours....

Mes yeux se sont posé sur le lit opposé au mien, au fond de la pièce. Des mèches sombres et humides se sont collé sur mon front alors que je sent que mes paupières cherchent à se fermer. Seulement, elles refusent de le faire totalement. J'ai peur de retomber à nouveau dans le cercle vicieux de mes cauchemars. Sans vraiment comprendre pourquoi, je finis par me lever et claudiquer jusqu’à SON lit. Longtemps j'hésite et j'ignore pourquoi. Quelque chose me partage, comme une chose ancienne que l'on connaît mais qu'on n'arrive pas à saisir. Un refrain oublié. Comme un vieux souvenir, ou un mot qui ne veut pas sortir. Ça m'échappe. Quand je pense enfin comprendre et me rappeler, l'idée s'évanoui avant que je ne puisse lui donner forme. C'est terriblement frustrant. Mais... je me fais confiance et je ne doute pas de moi-même quand je termine par me rouler dans SES draps. J'ignore pourquoi. J'ignore qui. Je ne sais pas.
Je suis juste bien là. Mes mains viennent saisir son coussin et j'y fourre mon nez, les yeux déjà clos. Comme un enfant blessé, je rabats mes deux genoux contre ma poitrine et me love contre moi-même. Pourquoi... je ne sais toujours pas, mais ici, dans ce lit, je me sens enfin en sécurité.

Dormir. C'est échapper à tout ce qui vous entoure.

Enfin...

Presque."
AVENGEDINCHAINS
Katsumoto Ryu

Date d'inscription : 06/12/2016
Messages : 1060
situation marital : Célibataire
Appt n° : 092
Emploi/études : Ingénieur mécanicienne
Passe-temps : Kunfu - Les enfants du foyer - Lecture
avatar
http://blood-seasons.forumactif.org/t205-katsumoto-ryu-horikita-maki#4162 http://blood-seasons.forumactif.org/t206-katsumoto-ryu#4167 http://blood-seasons.forumactif.org/t197-katsumoto-ryu-ft-horikita-maki
médaille or






L'être humain est doté d'un étrange instinct. Un inconscient pressentiment qui le pousse à fermer les yeux sur quelque chose de pourtant anormal. À ne pas voir les indices, ne pas entendre les silencieux avertissements d'une sombre nouvelle tapie dans l'ombre. J'ai tressailli à l'instant même où Ryu m'a appelé « Kazuma ». Mon échine s'est hérissée d'une dérangeante appréhension, comme si mon être entier ne pouvait s'accoutumer à entendre mon prénom en entier sortir de sa bouche. Puis j'ai souri, sans vraiment m'en rendre compte. C'était ce genre de petit sourire incertain, et mal assuré.

À présent le temps s'effile d'une lenteur terriblement oppressante. La langue de Ryu s'est déliée. La bombe a explosé. Ses minuscules mains écorchées, que je tenais si fort entre les miennes deux jours plus tôt, s'agrippent à ma veste. Je sens son front contre mon buste. Mes yeux absents devinent plus ou moins la couleur ébène de sa crinière décoiffée juste devant moi. Je suis tétanisé. La vie s'est figée dans mes veines. Ryu ne … se souvient pas de moi. Je ne dirais pas que le sol s'est brutalement ouvert sous mes pieds lorsque mon esprit a soudainement percuté d'une force inouïe les conséquences de cet aveux. Mais plutôt que mon cœur s'est violemment vidé de toute once positive qui l'animait. Cette ivresse grisante de la retrouver, ce soulagement de pouvoir la toucher … Ce réconfort simple et muet de sa seule présence, suite à la dispute houleuse avec mes parents adoptifs. Tout s'envole. Tout disparaît. Aussi facilement que ses souvenirs. Et à la place, une énorme entaille me barre la poitrine.

- Quoi ?

Ma voix est rocailleuse. Je cherche quelque chose. N'importe quoi auquel je pourrais me raccrocher. N'importe quoi qui m'annoncerait que Ryu s'est mal exprimée. Encore cette foutue capacité de déni. Mes doigts viennent entourer ses poignets. Je lui fais lâcher mes vêtements. D'un pas, je recule et la scrute d'un œil tendu. Elle ne peut pas avoir perdu la mémoire. Elle ne peut pas avoir oublié. Sinon, comment serait-elle arrivé jusqu'ici ? Pourquoi aurait-elle cherché  rejoindre sa famille, notre famille ? Si tel est réellement le cas, elle ne dormirait pas dans mon lit. Elle ne porterait pas mes propres vêtements. Qui ferait ça vis à vis d'un type qui n'est devenu rien de plus qu'un inconnu ? Agacé et déconfit, je relâche abruptement ses mains.

- Tu te crois drôle ? Grondais-je d'un timbre sourd.

Un regard tranchant vient ponctuer la colère de mes mots. Mes jambes reculent encore tandis que je me redresse de tout mon haut pour l'observer par-dessous mes cheveux désordonnés. La silhouette esseulée de Ryu se heurta alors à ma rancœur. Son corps si frêle dans ce sweet beaucoup trop grand. Son regard bas et sa mine blafarde. Un doute pernicieux s'incruste en moi. Et si … ? Concevoir que ses confessions puissent être véridiques réveilla en moi quelque chose de profondément enfoui, et d'une noirceur déconcertante. Comme dix ans auparavant. Après l'arrestation et l'exécution de mes parents. Mes véritables parents. La Ryu que je connais serait-elle restée aussi stoïque en me retrouvant après deux jours d'hôpital ? Serait-elle restée aussi éteinte après avoir vu la majorité des siens frôler la mort ? Elle n'a pas prononcé le moindre mot à propos d'Eve, de Lily et Min Ho. Elle ne s'est pas inquiété pour Jung, qu'elle n'a pas pu revoir depuis les attentats. Son comportement entier me laisse complètement déphasé. C'est elle, sans l'être véritablement. Il manque quelque chose, aussi clairement que je refuse de le sentir. Et … elle m'a appelé Kazuma.

La dureté glaciale de mes traits se détruit pas à pas. Je détourne les yeux, dévoré d'une anxiété qui ne m'est pas réellement nouvelle, mais que j'aurais aimé ne jamais retrouver. Je me laisse tomber assis sur le lit derrière mes jambes, le visage enfoui derrière mes mains. La gravité me semble plus lourde, plus écrasante.

- Tu ne te souviens pas de moi, répétais-je sans la moindre énergie.

Le reconnaître à haute voix creusa ce gouffre noir dans ma poitrine. Un néfaste mélange d'émotions naquis progressivement dans mon ventre. Totalement désarmé, je relève ma tête de mes paumes.

- Tu … Tu as tout oublié ? Tu ne sais plus du tout qui je suis ?

Ma voix déraille sur les derniers mots. Acceptant à nouveau de croiser son regard, je l'observe du coin de l'oeil sans oser la regarder véritablement en face. Il me semble désormais qu'un mur aussi épais que ceux de l'Héritage me sépare d'elle. Ma sœur, mon amie, ma moitié. Qui ne me reconnaît plus. J'humecte difficilement mes lèvres. Ma gorge s'est faite sèche, et ma bouche pâteuse. La question qui me tord la langue me compresse l'estomac.

- Ça va revenir ? ... Ce n'est qu'une question de temps ? Hein … Ryu ?


AVENGEDINCHAINS
Kobayashi Kazuma

Date d'inscription : 19/12/2016
Messages : 118
situation marital : célibataire
Appt n° : 094
Emploi/études : informaticien
Passe-temps : la musique
avatar
http://blood-seasons.forumactif.org/t224-kobayashi-kazuma-ft-kim-jong-hyeon-jr
médaille cuivre


remind me
I was waiting on a different story. This time I'm mistaken for handing you a heart worth breakin'. And this is how you remind me. Of what I really am.  › ©️ alaska.  

Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1
Sauter vers :

Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
BLOOD SEASONS :: l'héritage :: troisième étage-