Blood Seasons ferme ses portes.

Acknowledge me || Camille

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Mer 12 Avr - 1:54


Acknowledge me
『An understanding is impossible』







Dire qu’Izao était furieux aurait été un euphémisme. Il était dans une colère noire –et le mot était faible. Une colère bien plus conséquente que toutes les autres, le plongeant dans un état de rage absolu. Il était en colère contre lui-même, contre le monde entier. Et, plus encore, il était en colère contre Camille. Comment avait-il pu ?! Le jeune homme avait beau ressasser tous les derniers événements, il ne comprenait pas. Il était incapable de le faire. Quelque chose devait lui échapper. Forcément. Il y avait forcément quelque chose qu’il n’avait pas du saisir. C’était du moins ce dont il tentait de se convaincre afin de soigner son orgueil profondément blessé. Il avait couché avec le psychologue –ou du moins quelque chose qui s’y apparentait vaguement. Et c’était bien son aîné qui était venu le voir, chez lui, pour lui faire des avances qu’il n’avait su –qu’il n’avait pu- ignorer. Izao ne pouvait nier la faiblesse dont il avait fait preuve. Lorsqu’il s’agissait de satisfaire ses envie personnelles, ses besoins, il était particulièrement fébrile. Surtout que la personne en question ne le laissait pas indifférent. Au contraire. Le jeune homme avait le don de le rendre irritable au possible, d’orienter en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire son caractère, le faisant pencher plus que sensiblement vers la rage. De la sorte, il avait été incapable de résister à la tentation. Néanmoins, Camille avait coupé cours à leur jeu sans dire un seul mot, le laissant avec toute sa frustration et son incompréhension. Pourquoi –simplement pourquoi ?!- était-il venu le chercher de la sorte si cela n’avait été que pour finalement l’abandonner en cours de route ? Car, il était certain que cela n’avait suffi à satisfaire le plus jeune. Loin de là. D’où provenait sa frustration. Encore une fois, il avait l’impression de s’être fait mené par le bout du nez par cette personne qu’il venait réellement à haïr. De toute sa vie, il n’avait jamais connu un seul être capable de le pousser dans de tels retranchements ; de l’avoir humilié à ce point. La moindre chose se rattachant au psychologue le mettait dans tous ses états. Il était simplement impensable qu’une personne soit susceptible de l’atteindre autant, et pourtant... Plus qu’une obsession, Camille devenait pour lui un point sensible. Une source d’instabilité, d’énervement et de frustration. De rage. Camille était certainement...l’être le plus insupportable qui lui était donné de connaître. Pour la simple et bonne raison qu’il ne le comprenait pas ; il y avait un trop gros fossé entre eux, à l’instar de la barrière qui séparait le monde des adultes et des enfants. Ils semblaient évoluer dans des réalités différentes. Malgré...il avait eu espoir, ne serait-ce qu’infime, que son aîné vienne à partager quelque chose avec lui. Et cela avait été stupide.

Izao s’était plus ou moins arrangé pour ne pas le voir plus de quelques secondes par jour. C’était insupportable. Voir son visage le mettait dans un état de rage, proche de la crise, quasi-incontrôlable. Son orgueil lui hurlait de le frapper, de lui faire regretter de l’avoir laissé en plan de la sorte. Le jeune homme se sentait bien trop humilié pour supporter la vue de son « collègue ». Il ne comprenait pas ce qu’il lui était passé par la tête pour avoir initié un tel contact entre eux si cela avait été pour le stopper en si bon chemin. Et cela le faisait d’autant plus rager qu’il y avait pris un plaisir non négligeable. Cela faisait même un sacré bout de temps qu’il n’avait pu se laisser aller de la sorte et, incontestablement, Camille avait réveillé tous ses penchants plus ou moins acceptables. Enfin. Izao était bien loin d’être parvenu à évacuer cette profonde blessure d’orgueil. Stupidement, il n’avait trouvé qu’une seule idée –susceptible ?- de l’aider à se sentir un peu mieux.
Le premier venu lui avait fait l’affaire. Il fallait dire qu’il rencontrait bien plus de monde depuis qu’il se trouvait à travailler au contact des autres, contrairement à son ancien métier de cinématographe. Il n’avait même pas eu à se poser plus de questions que cela. Il voulait simplement voir la réaction de Camille. Ne lui avait-il pas dit que, éventuellement, il pouvait lui plaire ? Izao, avec toute la bassesse et l’immaturité dont il pouvait faire preuve, s’était bien décidé à vérifier ce fait. Il ne savait quoi en penser, surtout après la tournure des événements. Mais s’il avait pu avoir une chance, ridicule, de pouvoir l’atteindre...il ne comptait pas se faire prier.
Installé dans leur cabinet de consultation, le jeune homme n’éprouvait aucun état d’âme à s’amuser en compagnie d’un homme qu’il venait tout juste de rencontrer. Confortablement assis sur ses cuisses, il avait commencé à déboutonner sa chemise avec le plus de simplicité au monde, un rictus au coin des lèvres. Ses gestes avaient beau concerner l’inconnu qui se trouvait sous lui, assis dans le divan, son esprit était totalement ailleurs. D’un coup d’œil discret, ses yeux noirs se posaient de temps à autre sur l’horloge qu’il pouvait apercevoir sur le mur, devant lui. Plus que quelques minutes... Il n’eut pas longtemps à attendre. Comme attendu, Camille venait d’entrer dans la pièce. Izao avait fini par retenir son emploi du temps ; et il savait, précisément, qu’il aurait fait irruption dans la salle à cet instant précis. Dos nu, il se contenta simplement de le regarder par dessus son épaules, lui coulant un regard presque mauvais. Il était encore en colère. Et, il espérait bien voir une quelconque réaction sur le visage de son aîné. Il voulait le voir dans le même état que lui, afin de se décharger de toute sa colère douloureusement contenue. Il voulait l’atteindre de la même façon qu’il l’atteignait. Il voulait le faire souffrir. Le voir souffrir, au moins un peu.


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Mer 12 Avr - 13:21

       
Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu connais pas... Seule au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Feat Sullivan Izao
       

       
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Comme il s'y était attendu, Izao était en colère contre lui et le lui fit largement comprendre en continuant avec soin de l'éviter. Lui, cela le faisait rire parce qu'il ne s'était pas attendu à ce qu'il soit aussi frustré. Une fois ne suffisait-elle pas ? Après tout, ils ne sortaient pas ensemble et Camille était loin du genre à dépasser une fois avec ses aventures d'un soir. Ce serait juste prouver qu'il y avait plus qu'un simple crush et on ne pouvait pas avoir de crush avec tout le monde.
Bien sûr, Izao lui plaisait et il avait eu envie d'une deuxième fois avec lui sauf qu'il s'était senti si mal à la fin de leur première fois qu'il n'avait pu que fuir. Il ne savait plus où donner de la tête et repensait sans cesse à sa conversation avec Mahiro qui lui disait de faire attention. Ce n'était pas raisonnable que de continuer à être attiré par Izao et il le savait. Il ne l'accusait en rien mais, depuis qu'il l'avait rencontré, c'était comme s'il y avait une brèche dans les barrières qu'il avait érigé autour de lui. S'effondreraient-elles bientôt ?
Il n'était plus le même, il le savait. Quelque chose s'était déconnecté dans ses esprits et il avait disjoncté. Il continuait à remplir son rôle de psychologue à la perfection parce qu'il aimait ça mais, quand il avait fini sa journée, son monde était soudainement rempli de ténèbres. La lumière avait disparu et il ne la trouvait pas parmi cet amas de ténèbres. Il n'était pas effrayé mais il ne savait pas où chercher. Il avait besoin d'aide et il avait l'impression que c'était en Izao qu'il pouvait la trouver alors que c'était pourtant face à lui que tout s'était effondré. Dès lors, il n'avait plus qu'une seule envie et c'était celle de fuir dans le monde extérieur.

Aujourd'hui, quelques rendez-vous avaient été annulés mais il devait passer à son cabinet pour récupérer des dossiers et les travailler à son appartement. Il entra dans celui-ci et découvrit son jeune assistant aux prises avec un homme – un patient ?. Il le regarda, cligna plusieurs fois des yeux et ne sut que dire. Y avait-il seulement quelque chose à dire ? Izao faisait ce qu'il voulait. Ils ne sortaient pas ensemble, ils ne s'étaient rien promis. Qu'est-ce que ça pouvait lui faire de le trouver avec un autre homme ? Rien. Oui, il ne ressentait rien. Il en vint à se demander s'il lui plaisait tant qu'il avait pu le croire.
Il fit comme si de rien n'était et partit récupérer ses dossiers. Il y avait plus important à s'occuper. Toutefois, il se permit de lui communiquer quelques mots.

« La prochaine fois, évite de faire ça dans mon cabinet. »

Ses dossiers en main, il partit aussi vite qu'il était apparu. Il en avait pris quatre et cela l'occuperait jusque tard ce soir. Il fallait qu'il se méninge, il ne pouvait plus rester à rien faire parce qu'il pensait trop. Il fallait qu'il se change les idées et qu'il essaye de se remettre sur le droit chemin. Il y avait mieux à faire que de se prendre la tête pour un gamin. Après tout, ne lui avait-il pas donné satisfaction en revenant le voir et en lui faisant comprendre avoir envie de coucher avec lui ? Il avait même accepté ses penchants des plus masochistes alors il avait été bien gentil comme ça.
Il soupira. Autant pouvait-il y avoir un nouveau travail à faire sur lui-même mais il y avait aussi un énorme travail à faire sur Izao. Seulement, celui-ci ne pensait pas avoir le moindre problème personnel alors il serait loin d'insister en tant que psychologue à ce qu'il se confie pour qu'il puisse l'aider. De toute façon, au point où ils en étaient, il ne doutait pas qu'Izao ne veuille plus lui parler et il ne s'en portait que mieux.
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Mer 12 Avr - 15:06


Acknowledge me
『An understanding is impossible』







Ses yeux noirs étaient braqués sur lui, à l’affût de ses réactions. Il était plus que curieux de voir la façon dont Camille allait réagir. Mais, contre toute attente, son attitude ne fut pas celle attendue. Il crut lire la surprise une fraction de seconde sur son visage puis, très vite, celui-ci redevint impassible. Izao serra la mâchoire et le suivit du regard, silencieux, alors qu’il allait chercher quelques dossiers à son bureau. Comment pouvait-il rester si imperturbable ? Le cadet avait l’espoir qu’il vienne à le réprimander d’une quelconque façon. Qu’il exprime quelque chose : n’importe quoi. Lorsque Camille se décida à lui adresser quelques mots, sur le pas de la porte, il fut presque soulagé. Néanmoins, l phrase qu’il entendit fut bien loin de lui apporter un réconfort. Au contraire. En une seule seconde, le psychologue venait de multiplier sa colère par dix. C’était...tout ce qu’il avait trouvé à lui dire ? Rien de plus ? Il semblait le plus indifférent du monde, à croire que cela ne le touchait pas. Et, certainement, cela ne devait pas le toucher. En entendant la porte se refermer derrière lui, il demeura figé un instant. C’était impossible. C’était injuste. Izao ne comprenait pas, il ne comprenait plus. Il n’arrivait pas à saisir ce qu’il pouvait se passer dans la tête de cet homme et cela le rendait fou. Bien plus qu’il ne l’était déjà. Ses mains, posées sur le torse de l’individu qui semblait soudainement bien gêné, se crispèrent avec force. Il se mordit l’intérieure de la joue si fort qu’il ne tarda pas à sentir un goût de fer, amer, emplir sa bouche. Son orgueil n’en était que davantage blessé. Il haïssait Camille pour la façon dont il venait d’agir, mais il se haïssait encore plus pour avoir cru lui décrocher la moindre réaction. Il ne savait plus que faire. Cependant, la colère sourde qu’il pulsait dans ses veines comme du magma en fusion lui indiqua très vite la conduite à adopter. Son regard meurtrier vint se poser sur celui qui lui faisait face. De rage, il mourrait d’envie de le défigurer, afin de se défouler. Mais il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas agir comme il désirait réellement le faire en présence d’un autre. La seule personne avec laquelle il pouvait se laisser aller à sa véritable personnalité était ...
Frustré de ne pas pouvoir laisser sa colère éclater, il se détacha brutalement de l’homme, lui intimant, avec toute la retenue dont il parvenait à faire preuve, à dégager très vite d’ici. Puis, sans prendre le temps de réfléchir davantage, il remit à la hâte son haut tout en se précipitant dans le couloir. Lui, était incapable d’agir de la sorte. Il était incapable de se maîtriser lorsqu’on l’atteignait dans son orgueil. Il était impulsif au possible. Il le savait. Il le savait si bien que cela l’insupportait. Mais il ne pouvait pas se comporter autrement, surtout quand cela concernait Camille. En sortant du cabinet, il aperçut le psychologue qui s’éloignait dans le couloir. C’était plus fort que lui, il mourrait d’envie de le descendre. Maintenant.
Alors qu’il se rapprochait de lui à pas lourds, il ne put s’empêcher de fracasser tout ce qui lui passait sous la main : les tableaux accrochés le long du couloir furent ses malheureuses victimes. « TOI ! » vociféra-t-il sans retenue avant d’agripper le jeune homme par l’épaule pour le tourner vers lui et le plaquer violemment contre le mur. Sous le choc, les dossiers qu’il tenait en main furent projetés au sol. Izao marcha sur eux sans aucun état d’âme. Camille était la seule et unique chose qui l’intéressait en cet instant. Ses yeux noirs de rage virent se planter dans les siens. Au milieu de sa haine, le plus jeune n’arrivait cependant pas à masquer sa blessure. « C’est tout ce que tu as trouvé à dire ?... » siffla-t-il entre ses dents alors que sa poigne se resserrait autour de son épaule. Il ne savait pas ce qu’il aurait aimé entendre -ou du moins, il faisait de son mieux pour ne pas se l’admettre. Mais, malgré tout, il aurait voulu –il aurait désiré- voir autre chose. Il ne supportait pas de se faire ignorer par lui. Il ne supportait pas l’idée de le laisser indifférent. C’était tout simplement insupportable. Peut-être même douloureux. Stupidement.  


©INCUBUS
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Jeu 13 Avr - 11:57

       
Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu connais pas... Seule au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Feat Sullivan Izao
       

       
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Camille n'avait jamais été colérique. Il aurait pu le devenir à cause de son père mais il s'était au contraire adouci au fil des années. Il n'avait cherché qu'à faire le bien autour de lui et était devenu l'une des personnes les plus empathiques de l'Héritage. Il en était donc venu à faire passer les autres avant lui et ne se préoccupait de sa propre personne que quand il était chez lui ; à part quand il devait donner à son père quand celui-ci décidait qu'il en avait trop fait. Voilà pourquoi il lui était devenu si aisé de devenir psychologue. Mais, sur l'Héritage, on ne pouvait pas sauver tout le monde.
Il ne pouvait pas se sauver lui-même alors il ne possédait clairement pas les moyens pour sauver tout le monde. Il avait bien fini par s'en rendre compte. Il avait cru être sauvé plusieurs fois ; par Elijah, son psychologue et Gabrielle. Mais ces personnes-là n'avaient fait que le remonter à moitié du gouffre et il n'en était redescendu que plus bas à chaque rechute. Il était incapable de se sortir de ce gouffre et il se demandait s'il ne devrait pas d'abord connaître le véritable chaos pour pouvoir remonter. Néanmoins, ne l'avait-il pas déjà connu ?
Il se prenait même pour le chaos lui-même. Prêt à tout faire partir en fumée dès qu'on lui en donnerait les moyens. Il n'était pas colérique mais il possédait en lui une haine gigantesque envers le monde. Plus précisément envers l'espèce humaine. À quoi est-ce que cela servait-il de faire le bien si c'était pour que ce soit le mal qui triomphe toujours ? C'était peut-être pour ça qu'Izao avait décidé de pencher pour le mauvais côté de la balance.

Il n'avait que fait la moitié du chemin que celui-ci l'attrapa par le bras et le plaqua contre le mur en envoyant valser ses dossiers. Surpris, il le regarda et s'apprêta à dire quelque chose quand son interlocuteur lui vociféra quelques mots. Il ouvrit plus grand les yeux et étouffa un rire. Attendez... Était-il sérieusement en train de dire que ce qu'il avait vu dans son cabinet n'avait été qu'une petite mise en scène pour se venger de la façon dont il était parti précipitamment l'autre jour ? Il ne mit pas plus longtemps à se retenir et se mit à rire aux éclats. Izao était si amusant.
Qu'avait-il cru ? Qu'il réagirait ? Mais ils ne sortaient même pas ensemble. Ils se détestaient plus qu'ils ne s'aimaient. Puis, il semblerait qu'Izao avait aussi attendu une toute autre réaction de sa part : aurait-il souhaité le rendre jaloux ? La bonne blague. Il continua à rire et se passa une main dans les cheveux. Il mit un moment avant de se calmer pour réussir à prononcer le moindre mot.

« Parce que j'aurais dû dire autre chose ? », lui demanda-t-il.

Il le repoussa sans avoir recours à la force et entreprit de ramasser ses dossiers éparpillés par terre. Il fronça les sourcils : c'était malin, il allait devoir passer plus de temps à tout remettre en ordre qu'à travailler dessus. Il avait déjà plus de travail depuis les attentats alors il avait autre chose à faire que de réparer les dégâts d'un jeune homme étriqué. Quand il eut fini de tout ramasser, il soupira et regarda aux alentours pour voir si aucune feuille ne s'était envolé au loins.
Puis, il reporta son attention sur Izao. Celui-ci semblait toujours être énormément en colère et il ne pensait pas le pousser autant dans ses retranchements. Il avait un effet des plus surprenants sur ce jeune homme et il n'aurait pas cru cela possible après leur première rencontre. Qui sait ce que l'avenir leur réservait ? En tout cas, à le voir aussi énervé, aussi peu satisfait, il ne put s'empêcher de sourire et lui ébouriffa les cheveux.

« Tu es si mignon mais tu sais, tu fais ce que tu veux, dit-il, Aux dernières nouvelles, nous ne sortons pas ensemble. »

Il se mit à sourire davantage et lui fit un signe de la main car il avait autre chose à faire que de papoter avec lui. Il n'eut plus qu'à faire quelques mètres et à appuyer sur le bouton pour appeler l'ascenseur car il craignait de perdre la moindre feuille d'un des dossiers en prenant l'escalier. Il était un peu fatigué avec tout ce qui s'était passé dernièrement et se remettre sur le droit chemin n'était pas quelque chose d'aussi aisé à faire.
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Jeu 13 Avr - 23:48


Acknowledge me
『An understanding is impossible』







Il serrait la mâchoire alors que son regard obscur l’assassinait. Cela n’allait pas. Ce n’était pas lui ; certainement pas. Izao n’avait pas passé une majeure partie de sa vie à dissimuler les fondements de sa nature pour s’en retrouver là aujourd’hui. Il n’avait pas appris à se contenir pour craquer aussi facilement devant une seule personne. C’était impensable.
Alors qu’il regardait Camille droit dans les yeux, la réaction de ce dernier le foudroya sur place. Il se mettait...à rire ? Izao voulut se convaincre qu’il avait mal interprété la situation, mais le psychologue était bel et bien en train de rire aux éclats devant lui ; il sembla même éprouver quelque difficulté à se calmer. Le cadet crut sentir son cœur s’arrêter sous la colère qui monta plus que violemment en lui. Jamais il n’aurait pensé pouvoir être si énervé. Les mots du jeune homme le prirent au dépourvu. Sûrement aurait-il dû lui dire autre chose. Certainement. Mais il n’aurait su dire quoi. C’était peut-être ce qui le perturbait le plus. Ce qui le tuait. Déboussolé, il se contenta de baisser un instant le regard. Qu’aurait-il pu lui dire ? Il avait beau ouvrir sensiblement la bouche, les mots ne sortaient pas. Ils restaient bloqués dans sa gorge. Néanmoins, lorsque Camille se mit à lui ébouriffer les cheveux pour décrocher une nouvelle phrase, il ne put que relever les yeux avec rage. Il se moquait plus que clairement de lui, non ? Mais...mais il n’avait pas tort. Il avait raison. Ils ne sortaient pas ensemble. Chacun faisait ce qu’il voulait. Et ce n’était pas le fait d’avoir couché ensemble qui amenait les choses à changer d’une quelconque façon. Izao en était parfaitement conscient. Mais alors pourquoi devait-il se sentir si frustré ? Il détestait la façon dont le psychologue venait de lui lancer ça, son attitude supérieure. Encore une fois, il le prenait pour un enfant. Ce qui le mettait hors de lui. Au final, il était le seul à être perturbé par tout cela. Il était le seul à ne pas parvenir à fermer les yeux et passer à autre chose. Il était obsédé par cette personne. Obsession qui, visiblement, n’était pas réciproque.
Il garda le silence alors que Camille ramassé ses dossiers éparpillés par terre. Il se sentait encore une fois humilié, pris à son propre jeu malgré lui. Pourquoi n’arrivait-il pas à agir comme un adulte ? Le fossé qui se creusait un peu plus entre eux le rendait furieux. Dans son esprit fragmenté, il s’agissait des seules sensations qui l’ébranlaient avec certitude. Et, ces sensations étaient si fortes que, pour l’instant, elles prenaient le pas sur son orgueil pourtant surdimensionné. De la sorte, Izao était bien loin de le laisser tranquille. Partir et l’ignorer aurait été, de loin, la meilleure solution. Il était cependant trop remonté pour réfléchir correctement. Quand son aîné prit l’ascenseur, il le suivit sans hésiter quand bien même il n’y était pas invité. Bras croisés contre sa poitrine, il le fixait toujours avec haine. « Je fais tout ce que je veux, exactement » grogna-t-il, continuant sur la lancée. Ses poings tremblaient. Il maintenait une certaine distance entre eux, tentant de réprimer les pulsions qui l’agitaient. Il aurait voulu le frapper. Mais, en faisant cela, il n’aurait fait que lui confirmer –et ce encore une fois- qu’il était incapable d’agir comme un adulte. Il alla se caler dans un angle de l’ascenseur, le plus éloigné possible de son aîné. « Evidemment que l’on ne sort pas ensemble. De toute façon...qui voudrait être avec quelqu’un d’aussi insupportable que toi ? » demanda-t-il, railleur à souhait. Etrangement, lorsqu’il s’agissait de dire ce genre de méchancetés –qu’il pensait ou non- les mots lui venaient bien facilement. Izao le regarda un court instant. Oui, qu’est-ce qui aurait bien pu lui donner envie de sortir avec lui ? Absolument rien. Camille était simplement la personne qu’il haïssait le plus dans cette foutue « réalité ». C’était certainement l’unique raison à l’instabilité qu’il déclenchait chez lui. « Et puis... » il marqua une courte pause « et puis, n’importe qui me fait l’affaire » cracha-t-il presque, faisant clairement référence à ce qu’il s’était passé entre eux. Il ne manquait plus que le psychologue vienne à penser qu’il avait été une exception ou que le jeune homme était désespéré. Il ne mentait pas : lorsqu’il s’agissait de se satisfaire, n’importe qui lui convenait. Mais ce n’était visiblement pas ce qu’il attendait de Camille. Peut-être ne désirait-il que son attention, après tout .
Au final, le psychologue n’avait pas eu tort lorsqu’il l’avait traité d’enfant capricieux.


©INCUBUS
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Ven 21 Avr - 1:04

       
Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu connais pas... Seule au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Feat Sullivan Izao
       

       
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Camille n'avait jamais été jaloux. En même temps, comment aurait-il pu l'être avec Gabrielle ? Gabrielle avait été la seule personne avec qui il avait pu réellement sortir. Elle lui avait appris maintes choses et certainement à ne pas être jaloux avec elle. Elle était manipulatrice et particulièrement volage et elle aimait le faire savoir. Il n'avait pu en aucun cas être jaloux envers elle mais il n'en avait jamais ressenti le besoin de l'être. Voilà pourquoi il en était venu à se dire qu'il n'avait jamais dû l'aimer d'amour. Il l'avait aimée mais d'une manière différente qui lui avait permis de terminer de se forger et d'être l'homme qu'il était aujourd'hui.
Depuis qu'il avait rompu et depuis cette dernière soirée passée ensemble, il n'avait plus entendu parler d'elle. Ils se croisaient de temps en temps mais ne prenaient même pas la peine de prendre des nouvelles l'un de l'autre. Il aimait à croire que dans une autre vie ils étaient toujours ensemble et vivaient le parfait amour. Le parfait bonheur. Gabrielle le méritait autant que lui et cela lui manquait parfois les conversations qu'ils pouvaient avoir sur le monde. Elle avait laissé sa marque sur son cœur et celle-ci n'était pas prête de s'effacer.
Comme lui n'était pas prêt à être jaloux. Il avait eu des patients jaloux, il en avait toujours. La jalousie était un sentiment incontrôlable et on pouvait presque dire que c'était une maladie. Une maladie presque impossible à soigner. Quand il en voyait les dégâts, il n'avait aucunement envie d'avoir affaire avec cet insatiable sentiment. Il préférait le regarder de loin à jamais, l'appréhender au mieux dès qu'il s'approcherait de trop. Il avait mieux à faire que de s'emmêler pieds et mains avec, comme, par exemple, se préoccuper de sa propre vie et de ce qu'il allait bien pouvoir devenir. De ce qu'il allait bien pouvoir faire avec Izao ?

Au fond, il ne savait même plus s'il détestait Izao. Il s'était d'abord dit qu'il ne l'aimait pas, puis qu'il le détestait, ce qui était deux choses diamétralement différentes. Puis, il en était venu à se demander comment il le voyait, mis à part le fait qu'il ne pouvait nier le fait qu'il lui plaisait inexorablement.

« Toi. », lâcha-t-il.

Ils n'avaient qu'un étage à descendre mais la descente parut longue. Izao eut le temps de venir le rejoindre dans l'ascenseur et de lui asséner d'autres coups. Ou du moins, le croyait-il. Camille le sentait furieux derrière lui mais il restait calme. Il en avait assez de se battre et de toute façon, il était fatigué de la journée qu'il avait eu. Il avait autre chose à faire que de calmer les ardeurs d'un enfant capricieux en s'énervant. Ce fut donc aussi calmement que possible qu'il répondit à sa question.

« Toi, tu sortirais avec quelqu'un d'aussi insupportable que moi. Ça, je n'en doute pas. »

Après quoi, il le regarda et se dirigea vers son appartement une fois les portes de l'ascenseur ouvertes. Il savait qu'Izao le suivait alors il prit le soin de le laisser entrer quand il le fut. Il ne savait pas s'il fallait croire que c'était encore un coup de chance mais Mahiro ne rentrerait pas non-plus ce soir-là. Il était à l'hôpital, on l'avait prévenu quelques instants avant que sa journée ne se termine. Il posa ses dossiers sur la table de la cuisine et partit dans sa chambre pour récupérer deux bouteilles d'alcool. Il alla ensuite les déposer sous le nez d'Izao, installé sur le canapé, et alla chercher deux verres dans la cuisine pour les remplir une fois qu'il eut rejoint son hôte.
Il but un premier verre cul sec et vida de moitié le deuxième. Il tenait bien l'alcool, il n'avait pas à s'en faire. Pourquoi avoir sorti ces bouteilles devant Izao ? Peut-être pour le faire taire. Cela marchait drôlement bien alors il continua de profiter du silence en fixant le fond de son verre. Puis, il posa son verre sur la table et se cala au fin fond du canapé. Il observa le dos du jeune homme près de lui, puis ses cheveux argentés dans lesquels il finit de glisser une main. Comme il s'y était attendu, Izao râla et repoussa sa main. Il l'attrapa au vol et l'attira vers lui pour lui voler un baiser.

« Dis-moi alors pourquoi est-ce que tu as l'air aussi malheureux si tu fais continuellement ce que tu veux ? »

Surpris, Izao ne répondit pas tout de suite alors il se permit de l'embrasser encore une fois. Plus langoureusement. Peut-être s'amusait-il, peut-être en profitait-il. Il ne le savait pas lui-même. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il ne pouvait détacher son regard du sien.
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Ven 21 Avr - 22:39


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『An understanding is impossible』







Retranché dans un coin de l’ascenseur, il fusillait le dos de Camille du regard. En sa présence, il devenait toujours irritable. A croire que cela était plus fort que lui. Certainement devait-il le détester plus que tous les autres –c’était tout au moins ce dont il essayait de se convaincre. En entendant la réponse du psychologue, il haussa vivement un sourcil, grinçant des dents. Cherchait-il encore à le provoquer ? Cela était totalement dénué de tous sens. Comme s’il y avait une seule chose pour lui de sortir avec quelqu’un qui ressemblait de près ou de loin à son aîné. Comme s’il y avait une chance –une seule- qu’il « sorte » avec quelqu’un. Cette pensée eut une nouvelle fois le don de faire redoubler son irritation, mais il parvint  à se contrôler. Ils n’allaient pas tarder à atteindre le prochain étage, et Izao se voyait bien mal exploser en ces conditions. « Ne prends pas tes rêves pour la réalité » grinça-t-il entre ses dents comme pour atténuer sa colère.
Lorsqu’ils arrivèrent, le cadet ne put s’empêcher de lui emboiter le pas. C’était presque devenu une habitude. Il ne pouvait s’empêcher de le suivre, lui qui semblait faire comme s’il n’existait pas. Izao ne savait même pas pourquoi il perdait son temps avec lui, pourquoi il cherchait si désespérément à attirer son attention. La seule chose dont il était certain, était bien qu’il détestait que le jeune homme l’ignore après lui avoir porté une attention conséquente –n’était-ce pas ce dernier qui s’était rendu sans prévenir chez lui pour qu’ils couchent ensemble ? De toutes les personnes qu’il avait pu rencontrer, Camille sortait du lot. Devant lui, mentir ne servait à rien. Et, contrairement à ceux qui connaissaient son véritable visage et qui le haïssaient ouvertement, lui n’en faisait rien. Il restait indéchiffrable. Un vrai mystère. Izao aurait certainement donné très cher pour savoir ce à quoi il pouvait bien penser ; pour le comprendre, ne serait-ce qu’un peu.
Comme si cela était normal, le psychologue le laissa entrer chez lui. Il se calma légèrement. Si son aîné ne le mettait pas à la porte, cela voulu au moins signifier qu’il ne rejetait pas totalement sa présence. A l’instar de la première fois qu’il était venu chez lui, il s’installa sans gêne dans son canapé, le regardant de ses yeux sombres sans dire un mot. Il se demandait bien pourquoi il l’avait suivi jusqu’ici, alors qu’il ne se sentait même plus d’humeur à continuer la conversation véhémente qu’il avait pourtant débuté. Ce fut avec surprise qu’il vit Camille revenir vers lui avec deux bouteilles d’alcool qu’il posa devant lui. Ainsi donc, même lui enfreignait la loi ? Avec le temps, il avait comme l’impression de percevoir chez lui une personnalité bien plus sombre qu’il ne l’aurait imaginé. Ce qui, au fond, était bien loin de lui déplaire. Quand le jeune homme apporta des verres pour les remplir, Izao n’y toucha pas, se contentant de rester silencieux alors que Camille s’installait à ses côtés. Il ne comprenait pas pourquoi ils se retrouvaient finalement à boire ensemble. A vrai dire, il était encore légèrement fâché contre lui, principalement parce qu’il n’arrivait pas à anticiper la moindre de ses réactions.
Il frissonna malgré lui lorsqu’il sentit la main du psychologue dans ses cheveux. Néanmoins, il se ressaisit bien vite, repoussant sa main brutalement. « Arrê- » commença-t-il à grogner avant d’être coupé. Déjà, Camille venait de l’attirer à lui pour l’embrasser faiblement. Izao tenta de se détacher de lui, sentant la colère monter doucement en lui. C’était trop facile. Son aîné semblait jouer avec lui comme il l’entendait, ce qui avait le don de l’insupporter.
La question qui lui posa subitement le déconcerta. Ainsi donc, il avait l’air malheureux à ses yeux ? Il ouvrit la bouche, mais aucun son ne sortit ; qu’aurait-il pu répondre ? Son regard glissa un instant vers le jeune homme qui, encore une fois, se mit à l’embrasser. Izao fronça les sourcils en le sentant mettre un peu plus d’ardeur dans leur baiser. Une part de lui, insupportable, se laisser faire avec plaisir, ce qui le frustrait au plus au point. En dépit de sa volonté, il y répondit faiblement, se collant un peu plus à lui. C’était presque magnétique. Chimique. Même s’il ne l’avait pas dit de vive voix, il était bien obligé de s’admettre que Camille lui plaisait. A cette pensée, il se détacha brutalement de lui. Izao se détestait d’être si faible ; un peu plus et il en aurait presque oublié la colère qu’il avait ressenti envers lui quelques instants plus tôt. Fuyant son regard, il porta son attention sur le verre qui se trouvait devant lui pour s’en saisir et le vider d’une traite –ce qui, au vu de sa constitution, était une très mauvaise idée. « ...je ne suis pas malheureux » répondit-il finalement, sans pour autant le regarder. « Mais je ne suis pas heureux pour autant. Contrairement aux autres, je ne cherche pas ce genre de futilité » Il passa une main dans ses cheveux, agacé. Non. Il n’avait pas ce genre d’aspiration. Pourquoi vouloir être « heureux » ? Dans cette « réalité », c’était une chose impossible. Il ne pouvait pas être heureux. Pas tant qu’il menait cette vie ; tant qu’il vivait. Cette dernière phrase manqua de lui échapper des lèvres. Il la retint à temps.
Ses yeux sombres revinrent sur Camille, le considérant un instant. Etait-il bien placé pour lui poser une telle question ? « Mais toi non plus, tu n’es pas heureux » finit-il par rajouter de but en blanc. Il savait qu’il ne se trompait pas. Plus d’une fois, le psychologue lui avait donné cette impression. Mais, évidemment, il ne parvenait pas à « comprendre ». Il serra le poing. Il y avait énormément de choses qu’il ne comprenait pas, avec lui. Après un court silence, il vint finalement à lui demander la question qui lui avait si rageusement brûlée les lèvres depuis cette fameuse nuit. Ce n’était que maintenant, continuant sur sa lancée, qu’il trouvait le courage de la lui poser. « Pourquoi est-ce que tu es parti sans rien dire, la dernière fois ? » Son regard noir le fixait avec insistance : c’était certainement une toute autre question qu’on parvenait à lire dans ses prunelles obscures. Pourquoi est-ce que tu m'as laissé seul ?


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Ven 21 Avr - 23:29

       
Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu connais pas... Seule au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Feat Sullivan Izao
       

       
Aknowledge me Camille

       
On lui avait souvent reproché son indifférence, son absence de sentiment. Camille n'avait jamais su répondre correctement à de tels propos quand il faisait face. Il se contentait de baisser la tête, de se cacher derrière ses cheveux un peu trop longs et de se frotter rageusement le bras. Ce n'était pas de sa faute si on ne lui avait pas appris convenablement à être expressif parce que, pour le coup, on pouvait clairement dire qu'il était plus introverti qu'extraverti. Sauf que, à lui, cela ne lui avait jamais dérangé.
Son père lui avait appris à la mort de sa mère à ne pas faire part de sa tristesse, de sa douleur. Il lui avait répété maintes fois qu'il n'y avait que les faibles qui pleuraient, qui couinaient alors il s'était tu. Il avait cessé de pleuré. Il avait cessé d'exister. Il était devenu comme un robot mais il avait fini par remarquer qu'il n'était pas le seul à faire semblant. À être un robot dans ce bunker. À la seule différence que lui ne faisait pas part de ses sentiments mais, ça, c'était parce qu'il ne savait pas comment faire. Autant dire qu'il avait eu de quoi être la personne la plus empathique de l'Héritage à force de ne pas faire part de ses émotions.
Bien évidemment, il ne put décemment pas continuer à tout garder à lui et il craqua. Deux fois. Une fois devant Gabrielle et la deuxième fois devant Elijah. Depuis, il avait su garder contenance... Ou pas, si on devait compter la fois où il s'était lamentablement laissé aller face à Izao. En tout cas, ce fut les seules fois où il perdit le contrôle de lui-même et le reste du temps, il continua d'être cette personne indifférente que peu de personnes pouvaient apprécier. Mais cela lui importait peu. C'était à ceux qui avaient pu l'élever qu'il fallait rejeter la faute. On pourrait croire qu'il prend un malin plaisir à être comme il est mais ceux qui pensent cela ont faux sur tout la ligne. Non, il faisait de son mieux chaque jour pour s'ouvrir un peu plus et laisser part de ses émotions. Ce n'était juste pas chose aisée à faire.

Izao pouvait-il comprendre cela ? Certainement pas, trop occupé à s'occuper de lui-même. Du moins, c'était l'impression qu'il lui donnait. Pourtant, il n'avait pas menti en lui disant qu'il lui plaisait et, même s'il parlait toujours avec le plus grand des calmes, il ne se moquait plus réellement de lui comme il avait pu le faire au début. Était-ce aussi difficile à comprendre ? Pourquoi fallait-il toujours faire part de mots ou de gestes pour se faire comprendre ?

Izao le repoussa. Il n'en fut pas surpris et se contenta de regarder ailleurs en soupirant. Était-il toujours aussi énervé qu'il ne le laissait paraître ? Quand il reporta son attention sur lui, il le vit vider son verre d'une traite et ne tarda pas à le lui remplir. Il vida le sien et se resservit aussi. Il n'avait pas à s'inquiéter, il tenait bien l'alcool. Néanmoins, il se leva pour partir chercher de quoi manger car, l'estomac vide, c'était autre chose. Il ramena ensuite ses jambes contre lui et picora dans le bol dans lequel il avait pu mettre divers gâteaux. L'alcool avait déjà malgré tout commencé à lui monter à la tête et il commençait à avoir chaud alors il retira son pull. Heureusement qu'il avait un marcel noir là-dessous.
Je ne suis pas malheureux. Était-il réellement sincère avec lui ? Ou même avec lui-même ? Il ne le voyait probablement pas mais lui le voyait. Il le lisait dans son regard, il n'était pas psychologue pour rien. Seulement, il savait que cela ne servirait à rien d'insister alors il n'en dit rien de plus. Mais toi non-plus, tu n'es pas heureux. Cependant, il ne put rester de marbre face à cette phrase. Ses yeux s'ouvrirent en grand et il resta la bouche ouverte sans trop savoir quoi dire parce que, au fond, il ne s'était jamais demandé s'il était heureux ou pas. Sur le coup, il eut envie de pleurer.
Puis, son interlocuteur passa à autre chose et lui demanda pourquoi il était parti aussi brusquement la dernière fois. Ouf, il pourrait faire abstraction à ce qu'il avait dit auparavant. Il comprenait désormais mieux pourquoi il était aussi énervé et qu'il avait préparé toute cette mise en scène dans son cabinet. Il n'avait absolument pas digéré le fait qu'il soit parti après qu'ils aient couché ensemble. Il regarda la table face à eux et attrapa son verre pour boire un peu.

« Je comprends mieux pourquoi tu es aussi énervé, souffla-t-il, Est-ce que tu étais triste que je te laisse dormir seul ce soir-là ? », sourit-il.

Il reposa son verre sur la table et joua avec la chaîne qu'il portait autour du cou. Aller, soyons un peu plus sérieux.

« J'avais une chose importante à faire et je ne m'en suis rappelé que trop tard. Voilà pourquoi je suis parti précipitamment. Ce n'était pas de ta faute. »

Il mentait, bien évidemment. Pourquoi est-ce qu'il n'aurait pas menti ? Comment aurait-il pu avouer à Izao qu'il avait fini par se sentir mal pendant qu'ils avaient couché ensemble même s'il n'avait ressenti que du plaisir dans ses faits et gestes ? Quand on voyait à quel point Izao avait du mal à lui avouer qu'il lui plaisait, il était clair qu'il était loin de pouvoir lui dire à quel point il n'était pas heureux.
En tout cas, il trouvait ça drôlement mignon de la part d'Izao qu'il veuille à ce point-là savoir pourquoi il était parti aussi vite. Il le regarda et voulut glisser une nouvelle fois une main dans ses cheveux sauf qu'il était loin de se faire avoir deux fois. Il n'avait pas envie de se faire encore une fois repousser. Il ne savait pas ce qui le poussait à vouloir être « tendre » avec lui ce soir mais il en avait envie. Peut-être était-ce parce qu'il se sentait seul et qu'il n'y avait que lui qui égayait sa vie ces derniers temps.
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Sam 22 Avr - 0:51


Acknowledge me
『An understanding is impossible』







Un instant, il crut voir le visage de Camille changer sensiblement d’expression, sans qu’il ne parvienne néanmoins à deviner ce dont il s’agissait. La seule chose qu’il devina vaguement, était qu’il venait de faire mouche lorsqu’il lui avait dit que lui non plus n’était pas heureux. Izao était bien conscient de sa « différence » avec les autres, son aspiration qui lui permettait, à lui seul, de comprendre ce qui n’allait pas dans leur « réalité », dans leur existence et dans leur monde ; ce pourquoi il vouait son existence à la destruction. Ce pourquoi il souhaitait la mort de toute chose. C’était, pour lui, nécessaire. Essentiel. Mais, à plusieurs fois déjà, il avait retrouvé cette même envie chez Camille. A deux moments, ce dernier lui avait fait part d’une certaine indifférence par rapport à la mort –la sienne. Il lui avait dit ne plus rien avoir à perdre. Et, Izao avait beau n’être pas doué dans tout ce qui se rattachait de près ou de loin aux relations, mais il était presque certain que cela témoignait d’un certain vide chez le jeune homme. Ainsi, lorsque l’on était « vide », pouvait-on réellement se sentir « heureux » ? Quand bien même Izao ne pouvait réellement connaître ces sensations et sentiments, il en doutait fortement. De la sorte, il pouvait affirmer que Camille, lui non plus, n’était pas heureux. Cela lui semblait tellement évident.
Lorsqu’il lui répondit, Izao se rembrunit. Evidemment qu’il était en colère à cause de cela. Son orgueil avait certainement était atteint de la pire des façons. Mais cela, il ne pouvait se résoudre à lui dire. Son plus gros défaut –hormis la folie qui rongeait doucement son être- était le fait qu’il n’arrivait à se montrer honnête. Il ne pouvait se résoudre à dire certaines choses, ce qui, au final, le blessait inutilement. S’il avait été triste ? ...ce n’était peut-être pas le mot. Izao se voulait ignorer la tristesse. Il pensait, à tort, que la seule émotion habitant son être était la colère. «  Je... » commença-t-il avant de se couper, ne sachant réellement quoi dire. « ...je n’étais pas triste. Arrête de me prendre pour un gosse. Je voulais simplement savoir » termina-t-il sur un ton qui était moins détaché qu’il ne l’aurait voulu. Portant le verre qu’il venait de le servir à ses lèvres, Izao ne put s’empêcher de sourire avec dédain lorsqu’il lui répondit. Le psychologue le pensait donc aussi stupide ? Ce qu’il venait de dire était clairement un mensonge. Cela ne faisait aucun doute. Certes, le cadet avait était un peu étourdi par la situation, mais cela ne lui avait pas empêché de saisir le malaise qui s’était subitement installé dans la pièce une fois qu’ils avaient tous deux « craqués ».  Et la façon dont Camille était parti ne laissait en aucun cas supposer une telle situation ; au moins lui aurait-il dit donné une explication.
Il finit par rire. Un rire amer. Pourquoi ne voulait-il pas lui avouer la vérité ? « Tu me prends vraiment pour un idiot, hein ? » lui demanda-t-il dans un demi-sourire. Les coins de sa bouche avaient beau tordre ses lèvres dans un faible rictus, ses yeux étaient glacials. Et voilà. Encore une fois, cela ne faisait que lui prouver que les moindres faits et gestes du psychologue le rendaient irritable. Cela le mettait en colère : contre Camille et plus encore contre lui-même. Izao mourrait d’envie de connaître la vérité, mais quelque chose lui disait que c’était peine perdue. Peut-être essaierait-il une autre approche par la suite –peut-être plus tard dans la soirée ? Légèrement dépité, il lâcha un long soupir avant de laisser son dos retomber contre le dossier du canapé, se saisissant au passage de son verre presque plein. Il se sentait d’humeur à boire, ce soir, quand bien même il se savait peu résistant face à l’alcool. « Evidemment que ce n’est pas de ma faute » lâcha-t-il après quelques secondes, presque boudeur. Comment aurait-ce pu être de sa faute, après tout ? Y avait-il une possibilité que son aîné n’ait pas apprécié ?.. Il laissa cette pensée de côté. Ce n’était pas son problème.
Buvant de nouvelles gorgées, Izao sentit l’alcool lui brûler agréablement la gorge. Cela le fatiguait de se prendre la tête –de s’énerver- pour des choses qui n’aboutissaient à rien. C’était un dialogue de sourds. Camille ne répondait pas à ses questions, de la même façon qu’il esquivait plus ou moins les siennes. Il coula un regard vers le jeune homme qui était assis près de lui. Il devait avoir chaud pour avoir retiré son pull ; malgré lui, son regard s’attarda sur son aîné. Inévitablement, il ne pouvait s’empêcher de se rappeler la proximité de leurs corps au cours de cet instant qui, malheureusement, avait été bien trop bref. Il frissonna. Doucement, il sentait ses muscles se détendre sous l’effet de l’alcool qu'il avait ingurgité quelques minutes auparavant. La sensation n’était pas déplaisante, elle avait même l’effet d’atténuer son ressentiment. Paradoxalement, Izao n’avait pas l’alcool méchant : c’était même le contraire. Il but encore un peu, puis se mit à regarder longuement Camille. C’était vraiment étrange de se retrouver dans une telle situation avec lui : pour une fois, ils ne faisaient que parler, plus ou moins normalement. Il baissa un instant le regard, pensif. « Je ne te comprends pas » murmura-t-il  distraitement alors qu’il faisait tourner le liquide ambré dans son verre, comme s’il se parlait à lui même. Izao était visiblement d’humeur bavarde ce soir, même si ses paroles ne semblaient plus suivre un même fil conducteur. « Je n’arrive pas à te comprendre, et cela m’énerve. Affreusement » dit-il simplement tout en relevant ses yeux noirs vers lui. Il ne savait pas ce qu’il attendait comme retour de la part de Camille. Il n’y avait peut-être rien à répondre. C’était un fait. Un fait qui, cependant, le minait fortement. Derrière cela, peut-être sous-entendait-il qu’il aurait voulu –qu’il aurait aimé- le comprendre un peu mieux. Le connaître.


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Dim 23 Avr - 0:43

       
Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu connais pas... Seule au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Feat Sullivan Izao
       

       
Aknowledge me Camille

       
Camille s'était toujours contenté de ce qui se trouvait à ses pieds, il n'avait jamais cherché plus loin que le bout de son nez. Il aurait pu mais il avait eu peur de s'y faire mordre les doigts. Il avait trop souffert de la colère de son père pour aller chercher plus loin. Il avait toujours été un enfant facile mais il ne l'était devenu que davantage après le décès de sa mère. Il s'était toujours arrangé pour ne pas déranger les autres et c'était ce qui avait fait qu'il s'était montré de plus en plus discret au fil des années. Inconsciemment, il avait essayé de tout faire pour plaire sans réellement le faire.

Les yeux perdus dans le vide, il se mit alors à penser que lui ne comprenait pas pourquoi Izao ne le comprenait pas. Il n'y avait juste rien à comprendre. Il était un être effacé parmi tant d'autres et il menait son petit bout de chemin vers une vie de plus en plus monotone. Jamais ne sortirait-il de son train-train quotidien. En avait-il seulement envie ? Il s'était tant battu pour construire tout ce semblant de vie quand il avait quitté la maison familiale. Il avait essayé d'aller de l'avant et il y était peu à peu parvenu. Pourquoi devrait-il subitement ébranler sa misérable vie ?
Bien évidemment, on pouvait dire que de toute façon cette vie ci-dessus avait déjà été ébranlée. Izao avait fait une brusque apparition dans sa vie et plus rien n'était comme avant depuis. Il ne savait plus où donner de la tête et, pour couronner le tout, on lui avait annoncé depuis bientôt un mois la mort de son père. Élément déclencheur de toute cette haine qu'il pouvait ressentir vis-à-vis d'absolument tout sans en avoir réellement conscience. C'était le bazar et il n'avait pas à tout remettre en ordre... Qu'il allait en devenir fou.

Parce qu'au fond, ce qu'il haïssait le plus au monde, c'était cette personne qu'il incarnait. Pourquoi vivait-il ? Pour qui vivait-il ?

Parce que c'était trop facile et que lui en tant que psychologue le savait plus que quiconque. Vis pour toi. Vis pour moi. Vis pour lui, ou pour elle. Vis pour eux. Sottises. Pathétique. Ce n'était que du vent. Dans ce monde, après toute la mauvaise graine implantée, la sale bêtise humaine destructrice, en qui pouvait-on seulement avoir confiance ? Ça, Izao le savait mieux que personne alors pourquoi venait-il seulement lui dire qu'il ne le comprenait pas ? Il eut envie de tout balancer par terre.

À la place, il se contenta de brusquement fracasser son verre entre ses mains. Cela eut le don de le réveiller. Le liquide chaud de l'alcool glissa entre ses doigts et se mélangea au sang de la plaie qu'il s'était infligé en cassant ce verre en refermant sa poigne dessus. Il ouvrit délicatement sa main pour laisser quelques bouts de verre tomber sur le sol et enleva les autres avec son autre main. Izao ne réagissait toujours pas et semblait plutôt être en train de le fixer.
Il se contenta donc ensuite de se lever pour récupérer sa trousse de secours et s'occuper de sa main dans le plus grand des silences. Quand il eut fini, il remit la trousse de secours à sa place et partit récupérer un autre verre pour se le remplir. Il but la moitié et grignota d'autres gâteaux avant de s'amuser à en glisser un entre les lèvres d'Izao. Il en profita par la même occasion de son hébétement pour s'approcher de lui et l'embrasser.

« Pourquoi veux-tu à ce point-là savoir pourquoi je suis parti aussi vite l'autre jour ?, lui demanda-t-il, Pourquoi cherches-tu seulement à me comprendre ? Je croyais que je t'insupportais. »

Il se recala dans le canapé et fixa sa main désormais pansée. Elle et sa voisine avaient déjà eu du mal à se remettre des coups qu'il avait mis dans le mur que revoilà déjà une des deux blessées. Ce n'était vraiment pas son genre de faire aussi peu attention à lui. Cela allait être encore difficile de faire de la boxe dans les jours à venir.

« Tu sais, reprit-il en étant toujours aussi attiré par sa main blessée, Si tu veux me comprendre, tu n'as qu'à me poser des questions. J'y répondrais. »

Il était sincère. Il ne se défilerait pas. De toute façon, il était clair que tous les deux étaient voués à se côtoyer encore un bon moment vu que déjà ils travaillaient désormais ensemble. Autant apprendre à se connaître, n'est-ce pas ?

« Mais, sache que si toi tu ne me comprends pas, moi, je ne te comprends pas non-plus. J'ai l'impression que des fois tu serais prêt à tout pour me mettre ton poing dans la figure, dit-il calmement, Puis que le lendemain tu ferais tout pour me garder près de toi, continua-t-il toujours aussi calme, J'ai bien réussir à te dire que tu me plaisais. Tu devrais bien pouvoir y arriver toi aussi. »

Il était toujours aussi calme. Il ne savait pas comment Izao allait réagir mais il était prêt à y faire face. À ses réactions, à ses questions. Comme on disait le plus souvent dans ces moments-là, il était temps de mettre les points sur les « i ». Il le regarda et passa son doigt près de sa lèvre car s'y trouvait une miette d'un gâteau qu'il avait grignoté. Il se permit ensuite d'aller l'embrasser dans le cou avant de rire légèrement. L'alcool commençait enfin à le rendre un peu joyeux.
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