Blood Seasons ferme ses portes.

Acknowledge me || Camille

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Dim 23 Avr - 2:35


Acknowledge me
『An understanding is impossible』







Camille ne lui répondit pas immédiatement. Il semblait...comme ailleurs, perdu dans ses pensées, dans un endroit où il ne pouvait pas l’atteindre.  Vaguement, Izao se demandait ce à quoi il pouvait bien penser. Comme lui, le psychologue semblait garder pour lui une part de sa personnalité, part qu’il n’arrivait à saisir. Néanmoins, il commençait à comprendre que le jeune homme était quelqu’un de plus torturé qu’il ne le laissait paraître. Et c’était peut-être une facette de lui qui ne faisait que l’attirer davantage à chaque fois qu’il en distinguait les contours.
La réaction de Camille finit par arriver, et ce d’une façon pour le moins fracassante. Izao battit plusieurs fois des cils, comme s’il cherchait à se réveiller. Mais non, il s’agissait bien de la réalité : sans prévenir, son aîné venait de briser son verre encore rempli de sa main, répandant du sang et de l’alcool le long de son avant bras. Surpris et avant tout perplexe, le jeune homme le regarda tout en se contentant de garder le silence. Ce n’était pas la première fois qu’une telle chose se produisait lorsqu’il était avec lui. Il se demandait bien ce qui avait pu le pousser à agir de la sorte. Il avait presque eu l’impression que ce geste était inconscient. Malgré tout, Camille se mit à agir d’une façon totalement indifférente, comme si cela n’avait aucune importance, partant se soigner avant de se resservir un nouveau verre. Izao était complètement perdu. Il ne comprenait définitivement pas ce qui le poussait à agir de la sorte. Lorsqu’il vint à glisser un biscuit entre ses lèvres, le cadet haussa les sourcils. Le psychologue faisait véritablement comme si cet épisode ne venait pas d’arriver, venant subitement à l’embrasser encore une fois. Cette fois-ci, il n’eut pas le temps de le repousser, trop surpris. Pourquoi était-il si affectueux avec lui, ce soir ? Et dire qu’il n’avait pas même daigné lui porter la moindre attention avant qu’il ne vienne à le suivre chez lui...c’était déconcertant.
A sa question, Izao s’enfonça un peu plus dans le canapé. Avait-il réellement la réponse ? Et souhaitait-il réellement la lui donner ? Ce n’était pas une chose aisée. Être sincère avec lui-même lui était cruellement difficile, alors devant les autres, devant Camille... En était-il seulement capable ? Au fond, son aîné n’avait pas tort. Pourquoi désirait-il le comprendre alors qu’il avait pourtant dit être insupporté par lui ? Ce n’était pas logique. Mais Izao en était-il réellement doté d’une ? Il fut presque soulagé de voir que son interlocuteur reprenait la parole, comblant le petit silence qui venait de s’installer dans la pièce. Néanmoins, sa proposition ne fit que le surprendre plus qu’il ne l’était déjà. Camille lui semblait sincère. Acceptait-il réellement de répondre à ses questions sans lui mentir ? Izao dévia cependant le regard lorsqu’il entendit la suite de ses propos. Etait-ce donc de cette façon que son vis-à-vis le percevait ? A bien y réfléchir, il ne pouvait que constater qu’il avait raison. C’était au delà de sa propre raison ; il était parfois tellement en colère contre lui, mais ne supportait pas de le voir l’ignorer comme il le faisait de temps à autre. Mais de là à dire qu’il était près à tout pour le garder près de lui...
L’alcool avait l’effet de l’adoucir. Il réfléchit longuement à tout ce qu’il venait de lui dire. Visiblement, il était peut-être temps de laisser tomber son semblant de fierté qui l’empêchait de se montrer totalement sincère. Comme Camille l’avait souligné, il était parvenu à l’être avec lui. Alors pourquoi Izao n’en serait-il pas capable ? Il pinça des lèvres, réfléchissant avec un sérieux qui ne lui ressemblait pas. L’alcool qui circulait déjà dans son sang lui montait quelque peu à la tête. Il ne savait plus vraiment par quoi commencer, ne savait plus vraiment ce qu’il devait dire à son aîné. Il eut une petite moue mécontente lorsque Camille passa un de ses doigts tout près de sa lèvre pour retirer une miette qui y était restée. Il le traitait définitivement comme un enfant. Puis, le prenant par surprise, il l’embrassa doucement dans le cou. Izao en fut troublé. Le psychologue était-il réellement dans son état normal ? D’ordinaire, il se permettait bien peu de gestes de cet ordre envers lui.
Pour tenter de se remettre les idées en place, Izao termina le fond de son verre d’une traite. Il commençait déjà à se sentir étrange. Il releva ses yeux noirs vers Camille, le regardant comme s’il aurait pu lui apporter une quelconque aide. « Je ... » Il s’arrêta, baissa finalement le regard, presque gêné. Allait-il réellement le lui dire ? « ...peut-être que tu me plais aussi. Enfin seulement un peu » répondit-il tout bas, évitant soigneusement de le regarder. « Et c’est pour ça que tu m’énerves. Tu es venu me voir pour qu’on couche ensemble puis tu pars sans rien dire...et au final tu te mets à agir de façon totalement indifférente... en fait, j'ai l'impression que tu ne fais que t’amuser à me perturber...ce qui m’énerve. » finit-il par lâcher avec force. Il voulait la vérité, il l’avait. Comme quoi lui aussi pouvait se montrer honnête, après quelques verres. « C’est pour ça que je voulais savoir et que j’aimerais comprendre. C’est pour ça que tu m’insupportes ! Satisfait ?! » s’emporta-t-il, se retournant finalement vers lui, le regard peut-être plus triste qu’il ne l’aurait désiré. C’était certainement pour la simple et bonne raison qu’il lui plaisait que Camille lui était insupportable. Et lorsqu’il disait « plaire », cela dépassait la question du physique.
Subitement gêné par ce qu’il venait de dire, il baissa faiblement la tête, passant une main fébrile dans ses cheveux argentés. Izao n’était déjà plus véritablement maître de ses émotions. Doucement, son masque de haine se fissurait. « Parce que tu voudrais me comprendre, peut-être ?... » répondit-il avant de lui jeter un regard en coin. Il en doutait quelque peu. Sous la chaleur qu’il sentait peu à peu monter dans son corps, il commença à déboutonner les trois premiers boutons de sa chemise. Il n’y avait pas de raison pour qu’il ne se mette pas à l’aise, lui aussi. Avec maladresse, il attrapa un gâteau du récipient que tenait Camille pour le mettre dans sa bouche. Le sucre excita ses papilles encore imprégnées de la saveur de l’alcool. Il se rapprocha un peu plus de son aîné sur le canapé, le fixant avec attention. « Puisque je peux te poser une question... » commença-t-il, hésitant « comment est-ce que tu as su que je mentais, quand je suis venu dans ton cabinet, la première fois ? » C’était une question qui, depuis leur première rencontre, ne cessait de le tourmenter. Pourquoi, de tous, Camille avait était le seul à voir à travers son jeu ? Izao ne pensait pas que son métier avait quelque chose à voir là dedans, il avait déjà vu bon nombre « d’experts » qui n’avaient vu que du feu dans son petit numéro. Alors pourquoi lui ?


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Dim 23 Avr - 22:51

       
Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu connais pas... Seule au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Feat Sullivan Izao
       

       
Aknowledge me Camille

       
Camille s'était aventuré sur un terrain dangereux et il en avait pleinement conscience. Izao pourrait en profiter et lui poser toutes les questions qu'il souhaitait. Il était obligé d'y répondre. Néanmoins, en tant que psychologue, il estimait que cela était un bon exercice car qui pouvait être meilleur cobaye que lui-même pour s'améliorer dans son travail ? Il ne pouvait se permettre de faire cela avec son entourage alors il s'était toujours servi de lui-même pour avancer dans son travail et devenir meilleur. Il s'était posé plusieurs défis depuis qu'il était psychologue et seuls quelques uns n'avaient pas été réalisés comme celui-ci.
C'était un terrain dangereux auquel il avait toujours eu peur de prendre part. Qu'on lui pose des questions sur sa vie privée et qu'il y réponde avec sincérité. Il n'était pas doué pour être sincère vis-à-vis de lui-même car il était plus facile de se mentir, de se voiler la face que de faire face à la réalité. Arriverait-il à aller jusqu'au bout ? L'alcool pourrait aider alors il ne se gêna pas pour continuer à boire. Si besoin était, il avait encore une bouteille d'alcool cachait sous son lit. Il était loin d'être alcoolique parce qu'il ne voulait pas reproduire les mêmes erreurs que son père et il était loin non-plus d'enfreindre les lois mais il s'était retrouvé avec ses bouteilles en les prenant à son père pour qu'il cesse de boire quelques temps avant qu'il ne finisse en prison.
Et cet alcool semblait adoucir également la personne à ses côtés. Peu à peu, Izao se calmait et paraissait commencer lui aussi à s'ouvrir. En réalisant ce défi, est-ce que ça ne finirait pas par en être un pour Izao ? Pourrait-il lui poser des questions auxquelles il répondrait ? Au fond, c'était un mal pour un bien et Camille finit par songer qu'il n'avait pas eu tort de lui proposer une telle alternative. Il avait désormais hâte que cela se mette en place mais restait patient. Patient, ne l'avait-il pas été toute sa vie ? Une seconde de plus n'était pas de trop.

Le monde commençait à tourner et il avait beau rejeté la tête en arrière pour fixer le plafond, cela n'y changeait rien. Il avait toujours bien tenu l'alcool et s'était occupé de ramener Elijah chez lui sans éveiller le moindre soupçon car lui le tenait moins bien. Après, il s'était toujours promis de ne pas boire pour boire pour ne pas finir comme son père et peut-être de peur d'avoir l'alcool aussi ravageur que lui. Au bout de plusieurs soirées à boire, que ce soit auprès de ses ami(e)s ou de Gabrielle, il avait fini par comprendre qu'il le tenait bien et qu'il avait l'alcool « normal ». Il n'était pas forcément ni triste, ni joyeux et il se contentait de profiter de l'instant présent. Comme toujours.
En tout cas, il pourrait prendre soin d'Izao si besoin puisque celui-ci semblait assez mal le tenir. Il finit par reporter son attention et s'attarder sur ses pupilles qui se dilataient à vue d'oeil. Quel spectacle époustouflant. Puis, Izao avait de si beaux yeux et un regard ravageur. Il l'écouta parler avec attention et fut assez surpris de ses propos. Izao avait beau dire mais il lui plaisait plus qu'il ne pouvait le dire. Néanmoins, il n'avait pas envie de le mettre dans l'embarras ou encore qu'il pense qu'il se moquait de lui alors il réfléchit un long moment avant de lui répondre.

« Je ne m'amuse pas à te perturber, dit-il, Pourquoi est-ce que je ferais cela ? Je suis désolé d'agir comme je le fais, continua-t-il en serrant son poing blessé, Je... Je fais de mon mieux mais ce n'est pas facile. En tout cas, sache que si je m'amuserais vraiment avec toi, je l'aurais fait d'une autre manière et beaucoup plus méchamment. », dit-il en le regardant avec sincérité.

C'était toujours comme ça. On avait toujours l'impression qu'il s'amusait avec les sentiments des autres. C'était pour ça qu'il n'avait jamais cherché à avoir plus d'ami(e)s qu'il ne pourrait en avoir, voire même se trouver quelqu'un et se marier. Comment le pourrait-il si c'était pour que les gens aient l'impression qu'il s'en moquait éperdument ?
Mais le pire vint quand Izao lui demanda s'il avait réellement envie de le comprendre avant même de lui demander comment il avait levé le voile sur le masque. Il but un verre d'abord et poussa un léger soupir. S'il ne comprenait rien à rien, Izao ne comprenait lui non-plus rien à rien et il ne se disait pas être encore un enfant ? Il l'était pourtant encore un peu. Il le sentit se rapprocher de lui, le regarda.

« Izao... »

Ce devait être la première fois qu'il prononçait son prénom depuis ce qui lui paraissait être une éternité. Il glissa ses mains sur son torse et entreprit de déboutonner un peu plus sa chemise.

« Si tu cherches à me comprendre, pourquoi n'aurais-je pas envie de te comprendre ?, le questionna-t-il, Mon monde est un vrai foutoir et la seule personne qui arrive à y mettre de l'ordre dernièrement, c'est toi. Alors, c'est un peu bête de dire que je ne veuille pas te comprendre, sourit-il légèrement, D'autant plus que je suis la seule personne à avoir deviné aussi vite quel genre de personnes tu étais. »

La chemise d'Izao déboutonnée, il glissa une main entre les deux pans et posa une main sur sa peau réchauffée par l'alcool. Il se mit à y dessiner des arabesques et ne put détacher son regard de ce qu'il faisait.

« J'ai su dès le premier regard parce que je suis pareil, reprit-il, Moi aussi je porte un masque. Peut-être pas aussi bien que toi tu ne le fais mais j'en porte un. Puis, je suis psychologue. J'ai rencontré tout un tas de gens que je sais appréhender au premier coup d'oeil la personne qui me fait face. Toi, Izao, j'ai su dès le premier regard que tu n'es pas fait pour vivre en cage. »

Il y avait encore tant à dire mais il ne savait pas si ce qu'il pouvait penser d'autre était vrai. Il se contenta donc de ce qu'il venait de dire et partit coller son front contre le torse d'Izao. Il serra doucement sa main qui n'était pas celle blessée et ferma les yeux. Il ne savait pas comment il se sentait, sûrement ni bien ni mal mais il avait peut-être bu un peu trop vite. Et ça tournait. Ça tournait trop vite.
Peut-être n'avait-il pas eu envie de comprendre Izao après leur première rencontre mais il l'avait voulu dès l'instant où il était resté près de lui le soir où il avait disjoncté. Il avait apprécié qu'il reste auprès de lui et qu'il lui montre d'autres aspects de sa personnalité. Izao était aussi étriqué que lui mais cela ne le dérangeait pas. Au contraire, il était curieux, il ne pensait pas qu'il existait une telle personne sur l'Héritage. Tous les deux partageaient des choses en commun et étaient à la fois diamétralement opposés l'un de l'autre. C'était excitant et cela changeait le cours des choses. Dans ces cas-là, peut-être avait-il autre chose à accomplir dans la vie et peut-être pouvait-il enfin se préoccuper de lui.
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Lun 24 Avr - 1:24


Acknowledge me
『An understanding is impossible』







Il sentait son corps s’embraser sous une délicieuse chaleur alors que son esprit divaguait légèrement. Il n’était déjà plus vraiment lui-même. Lorsqu’il bougeait la tête un peu trop brusquement, il avait l’impression de manquer de tomber du canapé. C’était étrange. Mais certainement pas déplaisant. Pour la première fois depuis longtemps, il se sentait relativement bien. Malgré l’embarra qu’il avait éprouvé quelques secondes auparavant, il avait l’impression d’être légèrement apaisé. Enfin avait-il dit ce qui lui trottait dans la tête depuis un petit moment. En entendant Camille reprendre la parole, il eut une moue boudeuse. Ah bon, il ne s’amusait pas à cela ? Izao avait pourtant l’impression du contraire. Il le sentait jouer avec ses nerfs comme un chat avec une souri. Cependant, lorsqu’il s’excusa, le jeune homme ne put s’empêcher de le regarder avec des yeux ronds, interloqué. Pour le coup, cela aussi était très étrange. Inhabituel. Mais il lisait plus que clairement dans les yeux du psychologue sa sincérité. Ainsi donc, comme il le lui avait dit, son aîné se montrait bel et bien franc avec lui. Il ne sut pas vraiment quoi lui répondre directement, troublé. Izao ne s’était jamais vraiment attardé sur les sentiments des autres, pour la simple et bonne raison qu’il ne les comprenaient pas ; qu’il s’en moquait éperdument. Et pourtant, il était bel et bien perturbé par l’aveu de Camille. Jamais il n’aurait cru que celui-ci lui fasse part de ses émotions si facilement.
En l’entendant l’appeler par son prénom pour la première fois depuis bien longtemps, il releva ses yeux noirs vers lui, se sentant subitement comme intimidé. Docile, il le laissa déboutonner entièrement sa chemise, frissonnant au contact de ses doigts qu’il pouvait sentir à travers le tissus de son haut. Les mots qu’il lui adressa mirent un certain temps à se frayer un chemin jusqu’à son esprit. Tout lui paraissait étrange, surréaliste. Izao venait à se demander si Camille lui avait bien dit tout cela ou si son esprit commençait véritablement à divaguer de la plus étrange des façons. Néanmoins, la main de son aîné qui se mit à glisser sur la peau nue de son torse lui confirma que tout ceci était bien réel. Un frisson descendit le long de son échine ; la paume froide de sa main contre son corps brûlant lui procurait une sensation bizarre, sans pour autant être déplaisante. Il avait presque l’impression de saisir un semblant de douceur dans ce geste, chose qui ne le laissait pas aussi indifférent qu’il tentait de le laisser paraître. Izao resta silencieux alors qu’il continuait de lui parler, ne sachant quoi faire. Il n’avait pas l’habitude de voir Camille si honnête et, de surcroît, ne savait comme répondre sur le même ton que lui. Mais cela était important. Particulièrement important. S’il voulait définitivement le comprendre –s’ils voulaient se comprendre mutuellement- il fallait accepter de parler de la sorte. Et c’était certainement le moment, alors que l’alcool leur déliait plus facilement la langue. Le cadet resta interdit lorsque le psychologue vint poser sa tête contre son torse. Malgré lui, il se crispa sensiblement. Quand bien même ils avaient déjà eu un contact plus « intime » que celui-ci, il s’en montrait quelque peu gêné.
D’abord hésitant, il finit par se décider à caresser du bout des doigts sa chevelure brune. C’était dans ce genre de moment qu’il lui paraissait presque mélancolique. « Hmm...je vais réfléchir et décider si j’accepte tes excuses ou non ~ .. » s’exclama-t-il sur un ton léger, presque rieur. Cela lui faisait parfois du bien, de s’autoriser à se montrer un peu plus espiègle et chaleureux, surtout lorsque l’alcool y était pour beaucoup. Regardant les cheveux qu’il caressait avec un peu plus de conviction, il se concentra un moment pour mettre de l’ordre dans son esprit et trouver la réponse appropriée. « Je ne sais pas... » répondit-il doucement, presque rêveur « Ceux qui aperçoivent certains aspects de mon caractère ne cherchent pas à le faire, d’ordinaire...peut-être parce qu’ils en sont incapables, tout simplement » Se rappelant de ce qu’il lui avait dit, il laissa échapper un nouveau rire. Lui, mettre de l’ordre dans quelque chose ? C’était bien la première fois qu’il entendait cela. Il se savait un peu plus doué lorsqu’il s’agissait de mettre la pagaille. « Depuis quand est-ce que je mets de l’ordre dans quelque chose ? C’est un peu...étrange » Etrange, oui. Izao finissait par le devenir, enivré par l’alcool qui circulait dans son corps. Taquin, ses mains glissèrent lentement pour venir se poser dans la nuque du jeune homme. « Tu parles du masque qui laisse croire aux autres que tout va bien lorsque ce n’est pas le cas ? Du même masque qui est tombé ce soir là ? » demanda-t-il d’une voix caressante, faisant implicitement référence à la soirée où le psychologue avait ravagé la totalité de son appartement. Comment aurait-il pu oublier cet instant ? Il s’agissait certainement de l’instant où il avait découvert cette partie obscure de son caractère. Révolté, peut-être même désespérée. Cette partie qui dissimulait certainement son lot de tristesse et de rage. Cette partie qui l’avait tant intrigué. Attiré ?
Camille avait raison. Il n’était pas fait pour vivre dans une cage. Il n’était pas fait pour se laisser contrôler par un système aussi défaillant, un système qui allait contre le sens des idéaux. Mais, en vérité...il n’était pas fait pour vivre. Tout simplement. Cette pensée lui décrocha un sourire amer. Il n’était visiblement pas encore assez ivre. Il laissa ses doigts courir un peu plus loin sur la peau du jeune homme, venant se faufiler sous le tissus de son haut. « Peut-être que tu es différent, après tout » murmura-t-il comme s’il se parlait à lui-même. Oui, peut-être que Camille était bel et bien différent des autres, ce qui l’avait aidé à percer à jour son véritable visage. Peut-être. Izao tendit le bras, voulant se servir un nouveau verre. Néanmoins, la tâche se révélait trop compliquée pour lui, alors qu’il était incapable de faire les choses avec précision. Dépité, il s’empara sans plus de cérémonies de la bouteille pour porter le goulot à ses lèvres légèrement gonflées. Les nouvelles gorgées d’alcool qui s’écoulèrent dans sa gorge lui firent un bien fou. Ce n’était pas la meilleure idée qu’il avait eu, mais il comptait bien se laisser aller pour ce soir. Quelque chose lui soufflait que Camille aurait su comment bien s’occuper de lui. Sans savoir pourquoi –pris d’un curieux élan- il ramena ses mains dans les cheveux du jeune homme pour y déposer un faible baiser. Lui aussi était curieusement doux. « Et de quoi cherches-tu à te protéger, en portant ce masque ?... » lui redemanda-t-il avec un grand sérieux. Lui-même ne savait que trop bien qu’il s’agissait d’une façon de se protéger. De s’esquiver à quelque chose. Et il était bien curieux de savoir ce dont il pouvait bien s’agir, dans le cas de son aîné.


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Lun 24 Avr - 13:53

       
Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu connais pas... Seule au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Feat Sullivan Izao
       

       
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Avec Izao, il se sentait bien. Il n'avait à se cacher de rien et cela le changeait. À force de faire semblant, cela était épuisant et il le savait mieux que personne. Il était psychologue et il lui était arrivé forcément de rencontrer d'autres personnes qui faisaient semblant. Néanmoins, il y avait faire semblant sans exagérer et faire semblant en exagérant. Izao, lui, exagérait même s'il ne s'en rendait pas compte. Cela était trop et c'était pour ça également que cela lui avait été plus aisé de deviner qu'il portait un masque. Il ne fallait pas non-plus profiter de la chose car on en devenait insupportable et, bien qu'Izao n'en ait strictement rien à faire, ce ne devait pas être facile tous les jours de ne pas se faire comprendre.
Puis, il y avait les personnes qui faisaient semblant sans exagérer. Il croyait faire partie de ceux-là mais il en était venu à se demander ces derniers jours s'il n'avait pas exagéré lui non-plus jusqu'à maintenant. Comment le savoir ? Il savait juste en tout cas qu'il n'avait pu forcer les personnes qui portaient un masque de cesser. Il fallait qu'elles cessent d'elles-mêmes alors il s'était contenté de les aider et de les conseiller. Pourtant, le plus hilarant dans toute cette histoire était que c'était la plupart du temps ceux qui n'exagéraient pas qui se retrouvaient à être les plus méchants.
Qu'en était-il de lui ? N'avait-il pas trop exagéré les choses ? N'avait-il pas simplement fait sa tête de mule à ne plus vouloir essayer de comprendre son père dès l'instant où il en avait fait trop de son côté ? Il disait haïr mais, au fond, la personne qu'il détestait le plus au monde, c'était lui-même.

Cela ne changeait rien au fait qu'il ne profitait pas de la situation. Il respecterait en bonne et due forme les décisions d'Izao si celui-ci venait à lui dire, par exemple, de le laisser tranquille. D'ailleurs, ne l'avait-il pas laissé tranquille alors qu'il avait pris grand soin de l'éviter ces derniers jours ? Il serait bien venu s'expliquer à lui mais la peur l'avait entravé et voir le plus jeune partir aussi vite à la fin de la journée l'avait cloué sur place. Était-ce la solution de toujours fuir ? Car, en matière de fuite, il semblerait aujourd'hui qu'Izao le batte à plates coutures.
Même si aujourd'hui il était là près de lui et qu'il ne fuyait pas face à ce qu'il pouvait lui dire. Ou à ce qu'il pouvait lui faire. Bon, il était clair que l'alcool aidait mais n'y aurait-il pas eu d'alcool que Camille aurait tout fait pour le garder près de lui lors de cette soirée. À son tour de jouer les enfants capricieux. Izao n'appréciait pas qu'il le traite de la sorte mais, pourquoi agissait-il comme tel ? Et pourquoi lui n'agirait-il pas comme tel ? Pour lui prouver que ce n'était pas forcément un défaut déplaisant. De toute façon, pourquoi changerait-il du jour au lendemain ? Pour qui ? S'il en était venu à s'intéresser autant à lui, cela voulait bien dire que c'était aussi parce que ce côté-là de sa personnalité l'intéressait.
Et Izao, qu'aimait-il chez lui ? Qu'y avait-il à aimer chez lui ?

Toujours son front collé contre le sien, il le sentit se crisper et faillit se détacher de lui. Il ne voulait pas le mettre mal à l'aise car il le serait à son tour. La seule personne avec qui il s'était permis d'être aussi doux était Gabrielle et encore, ce genre de choses n'arrivait que rarement. Il se rendait compte à quel point entre eux deux ce n'était que pour le sexe. Néanmoins, que pouvait-il en dire avec Izao ? Ils ne sortaient pas ensemble et ils n'avaient couché ensemble qu'une seule fois alors, pourquoi arrivait-il à se permettre subitement ce genre de gestes ? Il avait même commencé bien avant de boire alors c'était étrange. Pourquoi est-ce que le monde ne semblait plus n'avoir ni queue ni tête depuis qu'il l'avait rencontré ?
Cependant, Izao finit tout aussi bien par glisser une main dans ses cheveux et par caresser ses cheveux. Il fut à son tour surpris par ce geste et se crispa lui aussi légèrement. Mais, il ne bougea pas et le laissa faire parce que c'était agréable. Visiblement surpris par ses excuses et non mécontent, son interlocuteur s'en amusa quelque peu avant de parler de son caractère. Il était vrai que d'ordinaire il aurait été loin de s'intéresser à la personne qu'était Izao. Et pourtant...

« Crois-tu qu'ils ont peur de toi ?, le questionna-t-il, Ou alors qu'ils ont peur de découvrir que tu es celui qui a le plus raison ?, continua-t-il, En tout cas, sache que je ne mens pas. Je souhaite que tu me parles de toi et j'espère que tu le feras par la même occasion que je répondrais à tes questions. »

Izao enchaîna ensuite sur le fait qu'il n'avait pas l'habitude de mettre de l'ordre dans les idées de quelqu'un alors cela eut le don de le faire rire. C'était vrai qu'au premier regard il aurait été loin de le voir ne serait-ce que l'aider un peu. Il n'en dit cependant pas plus et s'intéressa plus à ce qu'il lui dit après cela. Il resta silencieux, profita des caresses que le plus jeune lui procurait sur sa peau avant de finir par se redresser pour finir son verre et grignoter un peu.

« Oui, je parle bien de ce masque. »

Il ne voulait pas se rappeler de ce soir-là. Il ne savait même plus ce qui lui avait pris et pourquoi il s'était laissé aller devant Izao. Il n'avait pas honte, il était juste déçu d'avoir mis autant de temps avant de se rendre compte que tous ses espoirs, tous ses vœux ne se réaliseraient jamais. Au fond, il était comme les autres, il n'était pas différent comme venait de lui dire son interlocuteur. Il mordilla sa lèvre inférieure et lui attrapa la bouteille des mains après qu'il eut bu pour boire un peu. Puis, il la remit à sa place.
Ensuite, il reporta son attention sur Izao qui venait de lui demander pourquoi il portait un masque. Pourquoi il se protégeait ainsi ? Il réfléchit, ouvrit la bouche, puis la referma. Il ne savait pas quoi répondre. À la place, il s'arrangea pour s'allonger et posa sa tête sur les jambes d'Izao. Et, sans crier gare, il lui attrapa la main pour déposer un baiser sur l'un de ses doigts avant de la regarder avec grand intérêt. Izao avait de si belles mains.

« Je-ne... Sais-pas ?, répondit-il, Mh, peut-être des autres. Des autres personnes qui ne comprennent pas. »

Puis, il entrelaça ses doigts à ceux de la main d'Izao. Il ramena cette même main à sa bouche et déposa un baiser dessus.

« Je cherchais aussi à me protéger des personnes qui me faisaient du mal... Mais je crois qu'elles sont toutes mortes aujourd'hui. »
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Lun 24 Avr - 20:57


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『An understanding is impossible』







Il s’amusait à jouer avec les cheveux de Camille, espiègle. Cela lui rappelait un peu Erin et sa longue chevelure brune qu’il ne pouvait s’empêcher de caresser lorsqu’il en avait l’occasion. Cela relevait du rang de l’inconscient, mais il s’agissait certainement chez lui d’un geste d’affection, tout aussi minime était elle. Il était certain qu’avec ou sans alcool, s’il n’avait apprécié un tant soit peu le psychologue, il ne se serait jamais permis une telle proximité. Et quelque part, cette proximité était étrangement douce. Mais Izao était trop confus pour véritablement le réaliser. Il était bien et c’était tout ce qui lui importait en cet instant.
Il resta pensif lorsque le jeune homme reprit la parole. Avait-on réellement peur de lui ? Il en doutait. Il n’avait jamais saisi de la peur dans le regard de qui que ce soit. Seulement...du mépris. De la haine. Et cela lui plaisait, quelque part. Il se moquait de se faire haïr, cela ne l’atteignait pas. Peut-être était-ce un signe qu’il n’était pas vraiment « normal ». Ou du moins qu’il était différent. Oui, il était différent en bien des manières. Car contrairement aux autres qui étaient idiots, contrairement à ses « autres » qui étaient insignifiants...lui avait la vérité. Lui était capable de voir ce qui n’allait pas, capable d’accepter la réalité que tout le monde tentait pitoyablement de cacher. Ce monde est laid. Ce monde était si laid, en effet. Comment aurait-il pu ne pas le réaliser ? « Les autres sont des idiots. C’est pour cela qu’ils ne peuvent pas comprendre que je suis le seul à avoir raison » répondit-il avec un certain sérieux, alors qu’il cessait de caresser ses cheveux. Izao croyait fermement ce qu’il venait de dire. Il était impensable –simplement impensable- qu’il était le seul à se tromper. Le monde avait beau tenter de se liguer contre lui, c’était bien ce dernier qui avait tort. « Et de quoi voudrais-tu que je parle ? » lui demanda-t-il en retour, amusé. Il n’avait pas l’habitude de parler de lui –tout au moins de façon sincère. Mais dans l’état où il était, et au vu de la personne avec qui il se trouvait...plus rien n’était « normal ».
Il grogna légèrement quand Camille lui prit la bouteille des mains pour boire à son tour avant de la reposer devant eux. Il avait largement dépassé ses limites, mais il ne l’entendait pas de cette oreille. Boire semblait adoucir ses perceptions, même si quelque chose lui soufflait qu’il finirait par le regretter par la suite. Izao ne broncha pas non plus lorsque son aîné vint poser sa tête sur ses genoux, mais il ne put dissimuler son expression de surprise lorsqu’il vint embrasser sa main avant de la regarder avec intérêt. Le jeune homme haussa un sourcil mais n’en fit rien, l’écoutant parler avec intérêt. Camille lui semblait hésitant. Quand il enlaça ses doigts dans les siens avant de lui adresser une dernière phrase, il baissa les yeux vers lui, presque troublé. L’alcool avait beau lui être sacrément monter à la tête au point qu’il vienne à montrer un tout autre visage à Camille, il n’en restait pas moins lucide. Des personnes qui lui faisaient du mal ? ...Il se rappela de la conversation du soir où, justement, le psychologue avait à son tour laisser tomber le masque devant lui. Il ne pouvait pas oublier cette soirée et toute la scène qu’elle avait contenu. Toutes les paroles. Ainsi, Izao pensait savoir à qui il faisait très implicitement référence.
Il pencha un peu la tête vers lui, le regardant de ses yeux noirs en silence. Un faible sourire étira ses lèvres pâles. Lui aussi, au début, n’avait pas même cherché à comprendre qui était Camille. Il s’en était moqué éperdument. La première fois qu’il l’avait vu...il avait été mal à l’aise : le psychologue lui était apparu comme indéchiffrable. Puis, au fil de la conversation, il avait fini par le trouver insupportable. Détestable. Cela lui avait suffi ; il n’avait fait que rajouter une tête de plus à sa liste noire. Mais, lorsqu’il s’était mis à travailler avec lui, lorsque que son aîné lui avait porté un certain intérêt...les choses avaient changés. Il s’était surpris à vouloir son attention, à vouloir le comprendre, lui qui lui était devenu particulier. Quelque part, Izao savait que cette réaction était enfantine de sa part, égoïste. Mais qu’aurait-il pu y faire ? Il était arrivé à un point où les choses ne pouvaient qu’évoluer. Il serra doucement sa main dans celle du jeune homme, tout en passant celle qui était libre sur son visage, caressant sa joue. Ses yeux se firent rieurs. « Certaines personnes paieraient sûrement cher pour voir le docteur Nakajima aussi troublé » souffla-t-il avec un faible amusement. Il était pourtant soulagé de voir que Camille, lui aussi, pouvait se montrer hésitant, de temps à autre. Il lui était toujours apparu comme quelqu’un de bien plus réfléchi que lui... Ses doigts descendirent sur ses lèvres qu’il contempla un instant. Il était pris de bien curieuses envies, ce soir...
Sans prendre totalement conscient de ses actes, il pencha un peu plus la tête vers lui, ses cheveux argentés venant chatouiller son front. II hésita un court instant avant de finalement venir l’embrasser. Ses lèvres restèrent quelques secondes sur les siennes avant qu’il ne vienne les déposer sur son front, ne cessant pour autant de caresser sa joue. C’était étrange. Embrasser Camille finissait par devenir presque naturel, comme une habitude. C’était doux ; particulièrement doux. Mais très agréable. Izao se redressa finalement et le regarda à nouveau. Camille avait dit qu’il lui répondrait à tout avec sincérité, ce qu’il avait admirablement fait jusqu’à présent. Mais pourrait-il continuer à le faire s’il lui posait la question qui lui brûlait les lèvres ? « Tu...parles de ton père ? » demanda-t-il sans vraiment le faire, presque certain de cela. Sa main descendit jusqu’au creux de sa mâchoire, continuant les caresses dans son cou, alors qu’il resserrait davantage son étreinte contre ses doigts qui étaient enlacés aux siens. « Il t’a fait tant de mal ?... » Sa question sonna bien étrangement dans sa bouche, il avait naturellement baissé le ton. Pourquoi ressentait-il un semblant de peine, lui qui était pourtant resté insensible jusqu’ici ?


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Lun 24 Avr - 23:47

       
Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu connais pas... Seule au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Feat Sullivan Izao
       

       
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Oui, les autres devaient être des idiots. Combien de fois avait-il pensé être le seul à pouvoir se comprendre lui-même ? Combien de fois avait-il songé qu'il ne pourrait y avoir pas une seule personne sur l'Héritage qui puisse l'aider ? Il ne pensait pas être au pied du gouffre mais il comprit qu'il l'était le jour où son père fut emmené en prison. Ce jour-là, quelque chose s'était brisé en lui.

Il était déjà parti de l'appartement quand cela arriva. Un soir, il était allé voir son père ; une petite visite de routine pour lui prouver qu'il ne l'oubliait pas et qu'il le considérait toujours comme son père. Oui, malgré tout ce qui avait pu se passer entre eux, il lui était pourtant toujours resté fidèle et il n'avait jamais fléchi. Il n'était jamais allé voir qui que ce soit pour leur dire à quel point il souffrait de son père qui le battait. Qu'est-ce qui avait pu le retenir ? La peur que cela se retourne contre lui ou simplement la peur de perdre le seul être de sa famille encore présent près de lui ? Puis, ce n'était comme si son père avait toujours été méchant envers lui chaque jour car il avait continué à remplir son rôle comme si rien ne s'était passé. Au fond, cela n'avait été que contradictions.
En tout cas, il était allé voir son père ce soir où il avait été emmené en prison. Ils étaient allés manger calmement ensemble à la cantine et étaient rentrés pour discuter un peu autour d'un verre. Camille avait senti que son père avait déjà bu une goutte de trop en arrivant mais il n'en avait rien fait. Il savait désormais se défendre et était prêt à se protéger en cas de besoin. C'était sans crier gare son père partant aux toilettes et revenant pour lui asséner un coup par derrière. Presque assommé, il n'avait pas eu le temps de s'en remettre que d'autres arrivaient. Sauf que cela avait fait trop de bruit. Les voisins, alertés, avaient appelé la sécurité qui était brusquement arrivé dans l'appartement, découvrant la scène avec horreur. Son père le tenant par le col prêt à lui abattre l'une des bouteilles vides d'alcool à la figure et lui le visage en sang et les bras couverts d'hématomes.
On avait attrapé son père sans problème et lui, on lui avait épongé le visage. Mais, sans que personne ne s'y attende, il avait hurlé. Il avait hurlé qu'on lui laisse son père. S'il-vous-plaît. S'IL-VOUS-PLAÎT. Avant de se rendre compte de sa bêtise. Il avait regardé les yeux écarquillés son père pris d'un rire de démence et s'était mis à pleurer. Alors il n'y avait que pour lui que cela comptait ? Désemparé, il s'était laissé conduire à l'hôpital où on l'avait soigné et où il avait témoigné sans omettre le moindre détail des méfaits de son père. Aller, maintenant c'est fini. Non, ce n'était que le début.

Depuis, il déambulait dans les couloirs de l'Héritage et cherchait une issue, un échappatoire sans jamais mettre la main dessus. Le monde est tombé bien bas. Personne n'avait compris pourquoi il avait gardé cela autant de temps pour lui, tout le monde s'était dit que son père l'avait soudoyé alors qu'ils avaient faux sur toute la ligne. Ils avaient faux sur tout. Faux. Faux. Faux. FAUX. Ils ne voyaient et comprenaient que ce qui leur chantait parce que c'était plus facile comme ça alors, soit, il continuerait lui aussi à porter ce masque. À faire croire. Mais, et devant Izao ?

Il déglutit. Parler de son père à voix haute, cela était beaucoup trop difficile. Il ne l'avait fait qu'une fois et devant Elijah et cela lui avait presque arraché les tripes. Il s'était attendu à tout sauf à ce qu'Izao lui demande de lui parler de son père. Il aurait pu lui demander de parler de sa mère parce qu'il lui était plus aisé de parler d'elle que de son père. Et encore... Il n'en savait trop rien. Il ferma les yeux et tenta de calmer sa respiration qui s'était brusquement agitée.

« Je crois que certaines personnes paieraient plus pour finir dans mon lit, se vanta-t-il pour détendre un peu l'atmosphère, Donc, tu vois, tu n'as pas toujours raison. »

Puis, il se détacha de lui et se redressa. Il fallait qu'il dise la vérité, non ? Il retira son marcel, laissant découvrir son dos zébré d'une vilaine cicatrice au travers de son dos. Il laissa Izao la voir sans broncher et tritura son marcel avant d'attraper la bouteille d'alcool pour boire un coup.

« Mon père..., commença-t-il avant de se recroqueviller sur lui-même et de glisser ses mains dans ses cheveux, Mon père était quelqu'un de bien. Je crois. Mais la mort de ma mère l'a ravagée. »

Ne pleure pas, Camille. Il n'y a que les faibles qui pleurent.

« Parce que ma mère a été égoïste, mon père l'a été, dit-il, Et toi alors ? Tu dis ne pas savoir de quoi me parler mais tu peux aussi me parler de tes parents. »

Il se redressa et regarda Izao. Celui-ci affichait une mine perplexe, voire choquée, et semblait perdu. Il semblait même s'en vouloir de lui avoir demandé de parler de son père. Il tendit une main pour caresser sa joue et s'amusa à son tour à toucher du bout de ses doigts ses lèvres. Il avait apprécié qu'Izao ait de tels gestes envers lui l'instant d'avant, puis qu'il l'embrasse. Recommencerait-il seulement à être aussi doux à son égard ?
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Mar 25 Avr - 12:06


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『An understanding is impossible』







IIl se mordit la lèvre. Ce n’était pas une bonne question car, de toute évidence, Camille ne semblait pas vouloir en parler. Et pourquoi lui en aurait-il fait, après tout ? Avec un peu de recul, Izao réalisait bien qu’il n’était pas si proche du psychologue pour se permettre de parler d’un tel sujet. D’autant plus que cette dernière question semblait mettre son aîné dans une mauvais posture. Il eut l’impression de voir l’expression de son visage changer un instant, comme s’il revivait quelque chose de douloureux. Et il eut beau tenter de détendre l’atmosphère, Izao ne parvint pas à sourire.
Lorsqu’il se détacha de lui pour retirer son haut, le cadet resta interdit. La cicatrice qui couvrait le dos de Camille était des plus conséquentes. Pourquoi ne l’avait-il pas vu la dernière fois ? Il se mordit la joue à cette question intérieure, presque honteux. Il était impossible de ne pas la remarquer. Le jeune homme fronça faiblement les sourcils. Il ne pouvait même pas s’imaginer la douleur qu’il avait pu ressentir. Il tendit la main comme pour toucher cette immense balafre, mais son vis-à-vis se recroquevilla alors, le faisant se stopper dans son geste. Quand Camille reprit la parole, il restait pour le moins évasif. Y avait-il quelque chose à dire de plus ? Ce qu’il venait de lui montrer en disait très long, peut-être plus que de simples mots. Peu à peu, Izao avait l’impression de commencer à saisir un peu plus ce qui se cachait derrière le visage du psychologue. Il comprenait que le masque qu’il portait lui permettait de dissimuler sa douleur et sa peine. Un masque bien différent du sien, plus noble, peut-être. Il l’écouta parler encore, ne sachant réellement ou poser les yeux. Comme lui, il avait perdu ses deux parents. Et cela paraissait lui faire de la peine : chose qu’il ne parvenait à comprendre totalement, pour le coup.
Izao était un peu déboussolé. Fatalement, il ne trouvait pas les mots pour tenter de réconforter Camille, pour éteindre les souvenirs qu’il semblait avoir ravivé en lui. Il n’osait même plus lui poser de questions, de peur que cela ne vienne à le peiner davantage. Et, malgré tout, il restait curieux. Le jeune homme haussa les sourcils lorsque la question revint sur ses parents. Il n’y avait rien à dire là dessus. Il attrapa doucement la main de Camille qui effleurait ses lèvres, plongeant son regard noir dans le sien, comme s’il aurait pu y trouver une aide. Il aurait aimé lui dire qu’il était désolé, qu’il pouvait comprendre ses sentiments. Mais c’était faux. La seule chose qui l’atteignait réellement était le visage de son aîné, les expressions qu’il avait lorsqu’il en parlait. Alors, ne trouvant pas les mots, il se contenta simplement de venir caresser son dos nu, déposant ses lèvres le long de sa cicatrice. Même avec celle-ci, il ne devenait que plus désirable à ses yeux. Elle témoignait d’une part de son passé, gravée dans sa peau ; peut-être plus encore dans son âme. « Tu as su être fort » glissa-t-il doucement alors qu’il se redressait vers lui, un pauvre sourire aux lèvres. Camille ne détestait pas son père en dépit de ce qu’il avait pu lui faire, chose qu’Izao aurait été incapable de réaliser. Au final, il n’était pas si haïssable que cela. Il le regarda un instant. Il aurai aimé lui demander comment était morte sa mère, mais il n’osait plus poser de questions. L’hésitation pu se lire sur son visage avant qu’il ne baisse les yeux. Il ne savait plus quoi dire.
Néanmoins, plus que les mots, Izao savait que les actes étaient significatifs. Les gestes. Et, ce soir, tout son corps semblait réclamer la proximité du psychologue. Il passa ses bras autour de ses épaules, puis déposa plusieurs baisers dans son cou avec tendresse. Il voulait le réconforter à sa manière. Il se détacha finalement de lui, puis le contempla avec fascination. Peut-être qu’il n’avait pas eu tort lorsqu’il avait dit être désiré par plusieurs personnes. Il était si beau. Izao pinça les lèvres, se rendant compte presque malgré lui que l’alcool le rendait tout particulièrement affectif. « Tu veux que je te parles de mes parents biologiques ? » demanda-t-il finalement, écartant  du bout des doigts les quelques mèches brunes qui tombaient sur son visage. Il se mit à réfléchir un court instant. Il...ne s’en souvenait plus très bien. Son cerveau semblait avoir trié les souvenirs, ne lui laissant que de brèves images, que quelques scènes, sensations. Izao était incapable de se souvenir de son père. Il était un point d’ombre dans son histoire, un élément obscur. Il savait simplement que sa mère l’avait aimé plus qu’elle ne l’avait aimé, lui. Il ne se rappelait pas de son visage, et pourtant il n’était mort –exécuté -que vers ses dix ans. Tout ce qu’il savait était qu’il lui ressemblait beaucoup. Et, concernant sa mère...elle avait placé en lui tous ses rêves de vengeance et de mort ; l’avait marqué d’un sceau indélébile, cadenassant une partie de son âme. Mais s’en rendait-il seulement compte ? « Il n’y a pas grand chose à dire sur eux, tu sais. Mon père s’est fait exécuter et ma mère s’est suicidée quelques années après pour le rejoindre, elle souffrait trop, j’imagine » lâcha-t-il simplement alors qu’il passait une main sur ses joues échauffées. Il baissa les yeux vers Camille, lui souriant doucement. « Oh, et c’est moi qui ai trouvé son corps » termina-t-il sur un ton horriblement indifférent. Parler de cela le laissait quelque peu indifférent ; il ne faisait qu’énumérer les faits. Et pourtant, il aurait suffi de creuser un peu pour faire ressortir des sentiments qu’il pensait inexistants. Prenant place sur les genoux de Camille, il se mit à l’embrasser avec langueur avant de glisser une main dans son dos, caressant légèrement sa cicatrice. Il ne voulait pas réfléchir.


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Mar 25 Avr - 23:26

       
Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu connais pas... Seule au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Feat Sullivan Izao
       

       
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Son père était venu le voir à l'hôpital quand il lui avait fait cette horrible cicatrice. Ce soir où il l'avait battu comme jamais, il lui avait également porté un sacré coup au visage et on s'était vu obligé de lui bander une partie de la tête. Ce fut donc la vue à moitié voilée qu'il vit son père arriver. Celui-ci, les mains dans les poches, l'avait regardé un instant et était parti s'installer dans le seul fauteuil de la pièce. À l'époque, il n'avait que seize ans et l'instant d'avant, cela avait été Elijah qui avait occupé ce fauteuil. Donc, contrairement à l'instant d'avant, il regarda d'un autre œil la personne qui s'y trouvait désormais.

« Ils m'ont dit que l'opération s'était bien passée, lui avait-il dit.
- Est-ce que tu m'aimes ?
- Pardon ?
- Est-ce que tu m'aimes ?
- Camille..., murmura-t-il, Pourquoi est-ce aussi important pour toi ?
- Si tu dis que tu m'aimes, je n'irais pas dires aux autorités ce que tu m'as fait. »

Son père l'avait regardé avec des yeux ronds et avait détourné le regard avec un rictus mauvais. N'étant plus à ça près, Camille avait soutint son regard sans faillir et avait attendu sagement une réponse. À l'époque, il avait encore de l'espoir.

« Bien sûr que je t'aime. »

C'était faux. Il le savait. Mais il tint parole parce qu'il n'était qu'un abruti. Il avait passé par la suite plus d'une semaine à l'hôpital et s'était de plus en plus ancré dans le mensonge. Personne n'avait soupçonné que cela avait pu être son père qui lui avait infligé ça alors que celui-ci avait cessé subitement de venir le voir après cette petite entrevue. Ce fut à ce moment-là qu'il découvrit à quel point le monde était laid.

Après cela, son père avait été plus violent mais avait évité de l'envoyer une nouvelle fois à l'hôpital. Camille avait dû se faire rage pour ne pas hurler ou encore pleurer pour ne pas alerter les voisins. Cela avait été difficile comme tous les soirs où il avait dû se soigner lui-même. Il n'avait pu se résoudre à ne pas pleurer une fois que cela était fini mais il avait pleuré silencieusement pour ne pas réveiller son père qui avait eu tôt fait de se rendormir après cela.
Venir à l'école après avoir reçu tant de coups était difficile bien que son père le battait aux endroits les moins voyants. Mais, parfois, il lui cognait le visage et, lui, qui était pourtant si calme, avait forcément du mal à faire croire aux autres qu'il avait cherché la bagarre. Après, cela eut le don d'augmenter sa côte de popularité mais les filles étaient loin de l'intéresser à l'époque. Il s'intéressait plus à faire les quatre cent coups avec Elijah et à l'écouter lui parler de ces histoires, lui qui était davantage un tombeur de filles que lui ne pouvait l'être.
Puis, à dix-neuf ans, il rencontra Gabrielle et sa vie commença peu à peu à changer jusqu'à ce que leur histoire se termine et qu'il rencontre Izao. Pouvait-il autant parler à une personne qu'il connaissait encore peu alors qu'il avait été plus de cinq ans avec une femme comme Gabrielle ? Il se le demandait vraiment.

Mais, parfois, les mots sortaient tous seuls. Izao était installé sur lui et caressait son dos. Cela lui faisait du bien et il se permit de reposer son front contre son torse. Il voulut glisser ses mains sur celui-ci mais, au final, ses mains agrippèrent fermement son haut. Des larmes lui vinrent aux yeux mais ne coulèrent pas. Non, elles ne coulèrent pas alors que pourtant il ne se retenait pas.

« Moi... Moi, tout ce que je voulais, c'était qu'on redevienne une famille, dit-il faiblement, Alors, non. Non, je n'ai pas su être fort parce que je n'ai rien accompli. »

Il continua de serrer son haut de toutes ses forces jusqu'à ce que ça lui passe. Il était faible, il était comme tous les autres. Ce n'était pas parce qu'il portait un masque qu'il était fort. Bien au contraire. Il ne possédait aucun pouvoir sur les autres ni sur lui-même. Il n'était rien d'autre qu'une pièce de l'échiquier et, même s'il pouvait décider là, maintenant, de mettre fin à sa vie, cela n'y changerait strictement rien. Il ragea légèrement et soupira. Il se redressa et se passa une main dans les cheveux.
N'y avait-il pas plus important ? Izao venait enfin de lui parler de ses parents et cela l'intéressait. Il savait comment ils étaient morts grâce à sa mort adoptive mais il avait voulu l'entendre de la propre bouche. Izao l'avait enfin fait et avait ajouté un petit détail qui eut le don d'abord de le surprendre, puis presque de le tétaniser. Il comprenait un peu mieux pourquoi Izao était comme il était, pourquoi il vouait une haine indéchiffrable envers ce monde. Il s'apprêta à dire quelque chose mais le plus jeune vint s'installer sur ses genoux et l'embrasser. N'avait-il vraiment pas envie de parler de ce sujet ? Ou même de parler tout court ? Il avait bien senti à quel point il s'était senti mal de lui avoir demandé de lui parler de son père mais il ne comprenait pas bien pourquoi il s'était ainsi mal senti. N'était-ce pas lui qui lui avait dit qu'il l'insupportait ?

« Tu es mignon, dit-il, le piquant au vif, À ne pas vouloir raviver plus que cela ce qui me fait mal. Mais... Je croyais que je t'insupportais ? », sourit-il malicieusement.

Puis, le voyant devenir un peu boudeur, il glissa une main dans ses cheveux et déposa un baiser sur quelques une de ses mèches.

« Mais, tu sais, si tu m'as plu dès le premier regard, ce n'est pas parce que je te trouvais mignon. C'est parce que je te trouvais particulièrement beau. »

Il se remit à sourire et l'embrassa avec fougue. Il se permit ensuite de lui enlever sa chemise et de l'allonger sur son canapé. Il le surplomba et se perdit un instant dans son regard... Ou dans le vide ? En tout cas, l'espace d'un instant, il ne fut plus là. Il fut entre deux mondes à chercher quelque chose, voire peut-être à se chercher lui-même. Quand il revint à lui, ce fut parce qu'Izao venait de glisser une main sur sa joue et il se remit à sourire avant de revenir l'embrasser.

« Si je te parle de mon père, est-ce que tu me parleras de tes parents ? De ce que ta mère a pu t'inculquer avant que ton père ne soit exécuté ?, lui demanda-t-il, D'ailleurs, pourquoi a-t-il exécuté ? Si tu me le dis, je te dirais ce qui est arrivé à ma mère. »

C'était du chantage mais Izao n'aimait-il pas ça ? Il se permit d'avoir les mains baladeuses sur son corps, cherchant à le redécouvrir une deuxième fois.
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Mer 26 Avr - 1:25


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La peine de son interlocuteur lui parvenait douloureusement. Le sentir contre lui, fébrile, et entendre le son brisé de sa voix...c’était bien la première fois qu’il se retrouvé chamboulé par ce genre de choses. D’ordinaire, ne riait-il pas lorsque quelqu’un se trouvait dans cet état ? Izao avait toujours trouvé méprisable les gens qui se laissaient aller à des états d’âmes, les considérant avec mépris. On ne refaisait pas le monde en pleurant sur son sort. Au contraire. Cependant, ce soir...ce n’était pas le cas. Car Camille était à des lieux de le laisser indifférent. Et lorsqu’il le sentait presque trembler contre lui, inexplicablement, il avait envie de l’enlacer. Les mots qu’il rajouta d’une voix faible lui firent baisser les yeux vers lui avec désarrois. La notion de famille était-ce donc si importante ? Plus jeune, le cadet y avait malgré tout été sensible, tentant de se rattacher à ses origines pour ne pas se perdre. Mais avec le temps, les choses avaient fini par devenir sans importance. Il ne pouvait pas réécrire sa propre histoire, n’aurait pu rien y changer. Et de la sorte, certainement n’avait-il pas de regrets. Certainement.
Camille finit par se calmer, ce qui eut le don de le soulager. Il était totalement incapable de trouver les mots justes pour le réconforter. L’unique chose qu’il semblait pouvoir lui apporter était sa présence et il se demandait si elle aidait à améliorer les choses d’une quelconque façon. Néanmoins il se débarrassa bien vite de ces pensées alors qu’il se retrouvait à l’embrasser, profitant de l’agréable proximité de son corps. Une fois que l’alcool lui était monté à la tête, il ne se gênait pas pour montrer clairement ce qu’il voulait. Et, en cet instant présent, il désirait un contact physique avec le psychologue. Quand il se détacha de lui, la remarque de Camille le vexa faiblement. Lui, mignon ? Ce n’était absolument pas ce qu’il voulait entendre, et encore moins de la part du jeune homme. « Je ne suis pas mignon !... » riposta-t-il faiblement en secouant la tête comme un enfant. « Puis oui, regarde, tu es encore en train de m’énerver... » grogna-t-il, boudeur. Il ferma les yeux alors que son aîné venait embrasser ses cheveux, se laissant presque faire avec plaisir. Une part de lui, enfantine, appréciait malgré tout de se faire cajoler de la sorte. Lorsque Camille lui avoua qu’il l’avait trouvé beau dès leur première rencontre, il écarquilla faiblement les yeux, surpris et...quelque peu gêné. Il fut presque soulagé qu’il vienne ensuite l’embrasser, l’empêchant de réagir à ce commentaire. Il n’avait pas l’habitude d’entendre ce genre de chose et, il fallait dire que dans la bouche du psychologue, cela le mettait d’autant plus mal à l’aise. Son corps fut parcouru d’un long frisson alors que son vis-à-vis le débarrassait de sa chemise, sa peau se retrouvant directement en contact avec la sienne. Izao le laissa faire coucher sur le canapé, faible sourire aux lèvres. La situation devenait soudainement très intéressante. Il regardait avec une insolence enjouée Camille qui le surplombait. Son regard glissa lentement sur ses épaules puissantes et son torse ; c’était bien la première fois qu’il prenait le temps de le détailler de la sorte sous cet angle. En reportant son attention sur le visage de son aîné, il s’aperçut que ce dernier semblait comme ailleurs. Doucement, il porta une main à sa joue pour la caresser, le sortant de sa rêverie. A quoi pensait-il ? Bien vite, le regard du jeune homme se fit de nouveau intense et il vint l’embrasser à nouveau, déclenchant chez son cadet une satisfaction toute particulière. Ce soir, sans raison apparente, il semblait totalement addicte à ses lèvres. Cependant, le suet qu’il pensait avoir clos revint sur le tapis. Malgré lui, il était fortement intrigué. Il voulait en savoir plus sur Camille et ses parents, oui, mais n’osait plus le demander de vive voix. Mais celui-ci proposait de lui en parler sans qu’il n’eût à en demander davantage...à condition qu’il lui parle en retour de ses parents. Il plissa les yeux, suspicieux. « C’est du chantage, ça » commenta-t-il, avant de se mettre à rire faiblement. Tous les moyens étaient bons pour parvenir à ses fins ; il le savait peut-être mieux que personne. Il aimait plus que tout voir un Camille joueur. « Entendu ! Mais tu auras aussi intérêt à tout me dire concernant les tiens, d’accord ? » répondit-il finalement après un court instant, frissonnant une nouvelle fois sous ses mains qui venaient se poser sur son corps. Au fond, il n’avait rien à perdre en parlant de ses parents. Le psychologue commençait à comprendre le fondement de sa personne ; de la sorte, il était inutile de mentir. Il n’avait pas à se cacher devant lui, simplement se montrer honnête –c’était tout au moins ce qu’il pensait en cette soirée, le sang plus que fortement imprégné d’alcool.
Il passa ses mains sur les épaules de son aîné, pensif. Par où commencer ? « Ce qu’elle m’a inculqué ? » répéta-t-il, comme pour lui-même « Je ne pourrais plus vraiment te le dire. Je ne me souviens pas bien de cette période. Mais tout était...un peu plus simple. Elle riait beaucoup, avant. Et c’était agréable de vivre avec elle –avec eux » Il cherchait ses mots. Il n’avait plus l’esprit aussi clair qu’il n’avait pu l’imaginer, finalement. « Mais après sa mort, elle est devenue inconsolable. » Izao pinça les lèvres alors qu’il faisait à présent descendre ses mains dans le dos de Camille. Elle avait été inconsolable, oui. Car elle avait perdu la seule chose qu’elle aimait ; cet homme. « Quant à mon père...je n’ai jamais vraiment su ce qu’il avait fait, mais il œuvrait manifestement contre ce système pourri » termina-t-il dans un sourire presque enfantin. Quelque part, au plus profond de lui, il avait toujours haït cette personne. Il tentait de dissimuler cette amertume derrière un sourire de façade. Ses mains descendirent finalement sur les hanches de Camille qu’il attira férocement à lui. « A ton tour » chuchota-t-il au creux de son oreille. Il se recula faiblement, laissant retomber sa tête sur un des coussins du canapé, quelques mèches de cheveux argentés venant lui obstruer la vue. Lui aussi, mourrait d’envie d’en savoir plus sur ses parents. Mais il ne comptait pas lui poser de questions précises. Il voulait que son aîné lui parle de ce dont il voulait.


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Ven 28 Avr - 17:54

       
Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu connais pas... Seule au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Feat Sullivan Izao
       

       
Aknowledge me Camille

       
Il se souvint d'un jour à l'école où la maîtresse leur avait demandé d'écrire sur un bout de papier leur voeu le plus cher et de l'expliquer. Il n'avait que sept ans et il ne pensait pas son geste engendrerait de telles conséquences. Il avait écrit : « Je souhaite qu'on redevienne une famille avec mon père. ». Il avait su avec soin expliquer pourquoi non sans parler de ce que son père pouvait lui faire engendrer de temps à autre. Tous ses camarades de classe l'avaient regadé bouche bée et la maîtresse, elle, fut rapidement mal à l'aise. Il était difficile d'expliquer à un enfant de sept ans que c'était plus complexe que cela.
Par la suite, ses camarades furent tous plus gentils avec lui et, bien qu'il songea qu'il n'avait pas besoin de leur pitié, il accepta leur gratitude avec le plus grand des sourires. Néanmoins, sa maîtresse eut la maladresse de convoquer son père pour savoir si tout se passait bien à la maison et Camille dut se faire rage pour garder la tête haute avec ses petits poings serrés tremblant sur ses genoux. Son père souriait en expliquant que le petit était juste encore triste après la tragique mort de sa mère. Mais ce n'était que du faux semblant.
Rentrés à la maison, il ne mit pas longtemps à le gifler et à lui asséner pires coups physiques et morales. Il ne pouvait même pas pleurer, il ne pouvait qu'encaisser.

Pourquoi est-ce que tous ces souvenirs affluaient aussi soudainement ? Il en aurait bien parlé à Izao mais plus aucun son ne sortait de sa bouche depuis qu'il avait osé faire du chantage. Il se sentait d'autant plus mal à l'aise après ce qu'Izao venait de lui raconter car sa vie était aussi triste que la sienne. Au fond, n'étaient-ils pas encore deux pauvres enfants égarés ?
C'était à son tour de parler mais, pour l'instant, il ne le pouvait pas alors il se contenta de sourire. Il passa une main sur la joue d'Izao et ne le laissa pas le temps de souffler qu'il se décida à lui faire prendre du plaisir. C'était étrange comme il avait suffi de quelques gouttes d'alcool pour eniver l'esprit du plus jeune pour qu'il devienne aussi adorable qu'une peluche. Et c'était étrange de voir qu'ils pouvaient inverser les rôles aussi facilement. De plus, il eut la vague impression qu'Izao prit davantage son pied alors qu'il le dominait comparé à la dernière fois. Il ne manquerait pas de le lui dire le lendemain matin.
Quand ils en eurent finis, il prit soin de l'entraîner jusqu'à sa chambre où ils seraient mieux installés. Il n'avait pas oublié d'amener l'alcool et les gâteaux. Il but un peu et tendit la bouteille à son interlocuteur. Il se laissa tomber contre un oreiller et passa une main dans ses cheveux qui lui collaient au visage comme ils étaient plus ou moins trempés de sueur. N'était-ce pas à son tour de parler ?

« Avant de parler de mon père, dit-il, Ce que je voulais également savoir de ce que ta mère a pu t'inculquer, c'est qu'est-ce qu'elle a pu te dire avant de mourir. Ne t'aurait-elle pas dit..., débuta-t-il avant de prendre une pause, Ne t'aurait-elle pas dit de reprendre l'oeuvre de ton père ? Car c'est insensé... Non ? »

Ce n'était pas aussi insensé que cela mais, tout seul, Izao n'irait pas loin. Il ne savait pas s'il était seul ou s'il avait trouvé d'autres personnes prêts à n'importe quoi pour mettre fin à ce système qui finissait par n'avoir plus ni queue ni tête. Lui avait toujours été contre ce système mais pas au point de se liguer contre. Il l'avait dit, il menait calmement sa vie et venait en aide à tout le monde car tel était son devoir. Il pouvait également en venir en aide aux plus démunis si besoin tant que la situation l'exigeait mais c'était tout.
Il reprit la bouteille des mains d'Izao avant que celui-ci ne boive tout même s'il restait une autre bouteille prêt d'eux et une autre sous son lit. Il lui sourit et prit une grande inspiration. Que pouvait-il seulement dire ? Il n'avait plus à craindre de rien depuis que son père était mort mais il avait parfois l'impression que son fantôme le hantait. Il avait parfois l'impression de l'entendre ricaner à ses oreilles sans qu'il ne puisse rien y faire.

« Ma mère est morte quand j'avais cinq ans, dit-il en fixant la bouteille entre ses mains, Elle voulait un autre enfant à tout prix. Je ne lui suffisais pas. »

Pourquoi est-ce que maman est morte ? Pourquoi est-ce qu'elle a voulu avoir un autre bébé ? Et moi ? Est-ce qu'elle en voulait un autre car je n'étais pas assez parfait ? J'ai toujours été gentil, souriant. Je lui disais que je l'aimais chaque jour à maman. Je lui disais même qu'elle était la plus belle. Alors, pourquoi ? Pourquoi est-ce que je ne lui suffisais PAS ? La bouteille étant vide, il la balança contre le mur et la regarda s'éclater en mille morceaux.

« Mais ce n'est pas ça le pire, reprit-il, Mon père ne lui suffisait plus non-plus semble-t-il. Elle a été voir ailleurs pour tomber enceinte. Elle a cru pouvoir le cacher, elle a cru pouvoir fuir mais ils l'ont attrapée. Et elle est morte. »

Il se mit à sourire tristement et tendit une main devant lui sans savoir pourquoi.

« J'ai pleuré, bien évidemment. J'étais triste. J'ai été voir mon père car je ne comprenais pas mais lui non-plus. Il ne comprenait pas et l'alcool et la violence ont été ces seuls remèdes. Ce soir-là, il m'a giflé avec une telle violence que je m'en souviens encore. Innocent, j'ai cru que ce ne serait que ce soir-là car je me suis forcément tu après. Mais non. Ce fut bien pire après. »

Il laissa retomber sa main et souffla un bon coup. Il tremblait de tout son corps, il n'avait jamais autant parlé sans ne serait-ce versé qu'une seule larme, sans défaillir. Il regarda Izao qui venait de l'écouter avec le plus grand des calmes et l'attira à lui pour l'embrasser. Il y avait encore beaucoup à dire mais il avait besoin d'une pause.
(c) crackle bones

       
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